Analyse du harcèlement pervers.

 

pour un meilleur confort visuel et un mise en page plus claire vous pouvez cliquer sur ce lien pour retrouver cet article entre autre.

 

Le harcèlement, qu'est ce que c'est ? Du terme d'origine germanique "harasser", qui signifie "fatiguer à l'excès", et du francique "herser" qui signifie "frapper", le terme harcèlement fut utilisé pour la première fois dans le langage militaire. Il signifiait alors, le fait de tirer dans une zone limitée que l'on sait occupée par l'ennemi, afin d'y créer un sentiment d'insécurité. Le verbe "harceler" signifie : soumettre à des attaques répétées, à des critiques, ou des moqueries incessantes. Le harcèlement regroupe aujourd'hui différentes techniques de déstabilisation, parfaitement connues, enseignées et couramment utilisées dans la société contemporaine. Formalisée, sa définition devînt dès lors étroitement liée avec celles de la perversion et de la perversité. Perversité = Abus de pouvoir, puis abus narcissique (l’autre perd toute estime de soi) qui peut parfois aboutir à un abus sexuel, la perversité est un ensemble d’attitudes morbides, qui constituent un aménagement défensif contre la psychose ou la dépression. Elle s’exprime dans une froide rationalité combinée à une incapacité de considérer les autres comme des êtres humains. Elle est souvent associée à la prédation. Perversion = En psychiatrie, ce terme est utilisé pour décrire des pulsions sexuelles déviantes. Il s’agit d’un comportement, ou d’une propension à rechercher la réalisation d’un comportement, sur un mode pulsionnel. La perversion est également synonyme de prédation. Le harcèlement a été défini par Heinz Leyman en 1980 ainsi : « Toute conduite abusive se manifestant par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, mettre en péril l’emploi de celle-ci, ou dégrader le climat de travail. » En anglais le harcèlement est désigné par le terme mobling ; de mob : foule, meute, plèbe, ou idée d’importuner. En Suède ce processus est considéré comme une “psychoterreur”. En france, la législation française a la particularité de ne tenir compte que du harcèlement sexuel. COMMENT, POURQUOI ? La relation de harcèlement est une relation perverse : il s’agit d’une violence occulte amenée progressivement, qui tend à s’attaquer à l’identité de l’autre, et à lui retirer toute individualité. Ce type de violence est socialement souvent niée ou banalisée, en étant réduite à une simple relation de domination. On assiste alors en général, à une négation de la relation d’emprise qui s’instaure, qui va paralyser la victime, et l’empêcher de se défendre. Cette négation de la violence des attaques et de la gravité des répercussions psychologiques du harcèlement sur la victime est sociale, et c'est justement du fait de cette tolérance, que cette négation va également être utilisée par le harceleur. Ce dernier se défendra généralement en citant des axiomes stériles : "c'est la vie", "la vie est injuste".... Le harceleur parle en fait de son vécu. La destruction de la victime opère par la fréquence et la répétition des attaques dans le temps, et peut conduire à la maladie mentale ou au suicide. Le harcèlement n'est absolument pas anodin. Tout au contraire, c'est une véritable stratégie, qui vise à détruire l'autre, à le broyer, à l'anéantir. Ce processus est d'autant plus grave, que le vrai pervers ne lâche jamais sa proie. Ceci est dû au fait qu'il est persuadé d'avoir raison, et au fait qu'il n'a ni scrupule ni remord. Le pervers ne se pose en fait jamais de cas de conscience, il est par ailleurs absolument incapable de faire preuve d'empathie ou de sentiments. Le degré de dangerosité de ce type de personnalité est élevé du fait d'une totale irresponsabilité. En fait le pervers ne perçoit les conséquences de ses pulsions morbides qu'après coup, pour rejeter la responsabilité sur la victime, qui est de toute façon coupable de tout. LE PERVERS NARCISSIQUE A TOUJOURS, ABSOLUMENT TOUJOURS, UN STATUT SOCIALE PLUS ELEVE QUE SA VICTIME, ET CE STATUT N'EST JAMAIS FANTASME. C'est par exemple le pervers qui a des réseaux sociaux solides, ou bien un homme qui harcelle une femme, ou encore une femme qui harcelle un enfant. Ceci est logique, car on a du mal a imaginer un individu isolé détruire une entreprise, un gouvernement, ou un groupe du fait d'une stratégie de harcèlement qu'il aurait adoptée pour son propre plaisir. Il existe bien une forme de harcèlement pathologique d'un individu de statut inférieur socialement, envers un individu qui lui est supérieur (généralement du fait de sa notoriété). C'est en fait une pathologie: l'érotomanie. Mais ce type de harcèlement est ouvertement déclaré (car il est justifié par un sentiment amoureux délirant), le harceleur s'identifie toujours, laisse de nombreuses preuves, (lettres d'amour notamment, ou tentatives d'approches physiques histrioniques devant témoins...) et aboutit généralement à la destruction du harceleur, plutôt que de la victime (excepté quelques rares cas de meurtre). Le véritable harcèlement est en fait tout le contraire de l'érotomanie : discret, invisible, comme le harceleur du fait de son statut social, et de la grande moralité qu'il affiche publiquement, son moteur est la haine, -plus la victime sera appréciée socialement, et plus la haine et la cruauté s'accentueront-, et c'est bien la victime du harcèlement qui va être détruite. Le pervers pourra se justifier le cas échéant lorsqu'il est confronté à une situation critique, en trouvant une légitimité superflu à ses actes, qui résideront principalement dans un defaut supposé de la victime. Si cette légitimité est cautionnée socialement, alors à ce moment là seulement le pervers va afficher publiquement sa stratégie et ses exactions. En fait, il ne faut voir dans le harcèlement qu'un acte gratuit, permettant au pervers d'assouvir ses pulsions morbides au détriment d'autrui. Ce qui d'ailleurs excite le pervers c'est de chercher, de trouver, de dénoncer, de provoquer, d'accentuer une vulnérabilité chez sa victime, qui est en fait choisit pour sa stabilité, son équilibre, son charisme, sa force de caractère, sa capacité à résister, son aisance relationnelle, ou sa capacité à susciter l'intérêt, le respect et l'affection d'autrui. Ce sont ces caractéristiques que le pervers va s'attacher à démolir par tous les moyens, et notamment en conspuant, en isolant, en humiliant, en avilissant la victime. Une fois la victime isolée et désignée comme anormale, le pervers fait en sorte que toutes ses manoeuvres soient rendu publiques, car la présence de spectateur exite sa haine à l'encontre de la victime devenu vulnérable socialement. Le pervers en profite alors pour afficher son pouvoir, montrer qu'il est au dessus des lois en détruisant qui bon lui semble, en toute impunité. Il confirme en fait son statut social élevé et peut accessoirement tuer tout dénonciateur de ses exactions omnipotentes. Le pervers est sado-masochiste. C'est aussi un meurtrier potentiel et toujours froid, rationnel, organisé. Il paye d'ailleurs généralement des hommes de main pour effectuer les taches susceptibles de le corrompre. On retrouve ces traits liés à l'analité dans son intérêt pour la scatologie, le fantasme projectif de l'incorporation anale, un voyeurisme sadique, la violence, l'humiliation, la cruauté, et un rapport à l'argent pathologique. Pragmatiquement, le pervers prend par exemple un vif plaisir à envahir les autres, à voir par exemple les autres jusque dans leur intimité, et notamment aux toilettes, et de préférences avec vu sur l'intimité de la victime. Ceci est extrêmement intéressant car on retrouve toute la dualité qui anime le pervers. - ambivalence de la perspective adoptée par le pervers: voir l'autre en train de faire ses excréments vu du dessous/l'autre lui chie dessus (ce qui accessoirement peut donner lieu à des représailles) - ce spectacle lui permet également de voir comment l'autre a abordé le passage du stade anal, c'est à dire le contrôle sphinctérien, passage du don d'amour à la mère, au contrôle fonctionnel non seulement des sphincters, mais également de l'amour, des sentiments, du rapport à l'argent, et de l'omnipotence par la confrontation pour la première fois à la reconnaissance, à la soumission au désir de l'autre, à son altérité, et à son ipséité. Le pervers est en effet un constipé pathologique (pour peu que la victime de son harcèlement ne le soit pas, cela peut également donner lieu à une tentative de vengeance...chez le pervers tout est prétexte à la haine), car personne n'a pu lui faire appréhender la dimension constructive de la loi. Ainsi chez le pervers tout est exprimé dans la dualité et la dichotomie, ce qui en fait un sujet très sensible au mysticisme et à la religion: - voyeurisme, impossibilité de se remettre en cause/exposition publique histrionique permanente, notamment à son paroxysme via une recherche pseudo-fonctionnelle médiatique à visée narcissique: professions du spectacle, politiques, ou pour les hystériques exposition de leurs ébats sexuels sur internet (absence de plaisir=absence de vice) - Rapport à l'argent : alternance dépenses irrationnelles/avarice tout aussi irrationnelle (inaptitude à la gestion et au profit) - évitement du conflit où existe un risque de remise en cause/goût prononcé pour des polémiques stériles - évitement de l'affrontement directe en toutes circonstances/goût prononcé pour la violence à l'encontre d'autrui (le plaisir du pervers est alors sournois). - indifférence, absence d'empathie, absence de culpabilité, d'éthique, de principes, irresponsabilité/goût prononcé pour la dévotion, l'hypocrisie, le mysticisme, les grands sentiments, l'idéalisation. On retrouve cela dans son discours de manière omniprésente. - Sociabilité exubérante/sentiment de solitude intérieure persistante. - grande suggestibilité, soumission/caractère fort en apparence, égoïsme, esclavagisme, fascisme - ultra normativité/absence de repères - inaptitude à l'innovation et à la création, absence de sensibilité artistique (pas d'accès au signifiant, le pervers se contrôle ce qui fait qui ne peut se laisser envahir par les sentiments que peuvent lui inspirer une oeuvre), indifférence à l'harmonie/propension aux rêveveries et aux contemplation stérile, à la recherche de sens mystiques parfois morbides (recherche du signifié), goût prononcé pour la destruction, tolérance élevée à l'incohérence. - médiocrité intellectuelle/workholic compensatoire - goût affiché pour l'ordre, la propreté, la vertu/goût prononcé pour le désordre, la saleté, le vice, la cruauté - vif intérêt pour les perversions sexuelles/rejet de la génitalité (le plaisir du pervers réside dans la destruction d'autrui y compris au niveau de sa sexualité. Ce n'est pas la possession, le partage, le jeu qui procurent du plaisir au pervers, mais la destruction) - trouble identitaire, ce sont les autre qui le définissent d'ou son instinct grégaire/affiche une conscience élevé mais purement formelle des rôles, et des genres - attachement affectif total spontané/rejet haineux tout aussi spontané - hyperdépendance infantile qui se révèle souvent lors des ruptures/instabilité affective, et relationnelle - intolérance au manque, à la frustration, agressivité, absence totale d'humour, excepté si c'est au détriment d'autrui/détresse, dépression, soumission, apparente stabilité émotionnelle, absence de limite (le pervers n'a pas d'humour, il ne connaît pas le second degré, et il ne connait pas la loi ). - logique affective d'instrumentalisation, d'objectalisation, c'est à dire sans considération pour l'autre, sans contrepartie synonyme de destruction/égocentrisme, narcissisme défaillant Tout le monde partage ces caractéristiques à différent degré, excepté que chez le pervers tout cela est pathologique. Cela n'empêche pas le pervers de conserver une excellente adaptabilité sociale, cependant il montre le mauvais exemple, et suscite l'angoisse. Un pervers pourra par exemple organiser un viol sous GHB à l'encontre d'une personne, sans pouvoir se contrôler. Il ne s'apercevra à aucun moment du fait qu'il dérape et c'est seulement après coup qu'il se rendra compte qu'il est le seul qui continue à rire de plaisir, les autres riant d'angoisse, devenant confus. Si jamais au passage il enfreint toute les lois, comme par exemple la constitution des droits de l'homme, alors la faute sera rejeté sur la victime, et pour peu qu'il ait un certain statut social, alors il y a de grande chance pour que la victime soit socialement tenu responsable des excès de son bourreau, avec l'aide de quelques institutions si cela est nécessaire. Le pervers ne sait pas se détendre en fait. Il n'y a pas de juste milieu dans ses attitudes. Ou il contrôle tout, ou il se lâche complètement avec tous les risques et toutes les conséquences que cela comporte pour la victime et pour son environnement. Bref le pervers fonctionne sur le mode du TOUT ou RIEN, et on verra que le but du harcèlement est d'amener la victime à devenir comme lui, ou elle, peut être afin que l'amour soit enfin possible. Cependant pour le pervers, aimer c'est détruire, et peu de victime finissent par aimer leur persécuteur. Concernant le harcèlement à proprement dit, il est progressif. Dans un premier temps, le harcèlement va viser la sociabilité de l'individu. Le harceleur pour cela va utiliser la dramatisation et le dénigrement public de la victime, généralement sur le thème de la folie, et sur une base projective. Il va remettre par exemple en doute systématiquement, l’honnêteté de la victime, après avoir été lui-même malhonnête. La violence perverse une fois le sujet isolé va alors pouvoir apparaître, tout particulièrement à distance dans un premier temps (téléphone, email…) N.B.: Il est absolument inutile d'enregistrer les conversations privées sans l’accord de l’intéressé, car cela n’a en france aucune valeur juridique. Cette situation juridique favorise le harceleur dans l'amorce de sa stratégie: pas de regard, pas de corps physique, l’agresseur utilise son arme favorite, les mots pour blesser sans laisser de traces. Suite à cette violence distanciée, le pervers adapte son comportement notamment par le refus de communication directe avec la victime, le refus du conflit ou de la confrontation, et la dénégation de ses actes. Le partenaire par exemple dans le cadre d'un couple se trouve alors obligé de faire les demandes et les réponses et, s’avançant à découvert commet évidemment des erreurs (en fait tout sera interprété par le pervers à son profit) qui sont relevées par l’agresseur pour pointer la nullité de la victime. Quoi que la victime fasse ou dise, tout est de toute façon retourné contre elle par le persécuteur. Le but de la manoeuvre est de la désarçonner, de la pousser à la confusion totale et à la faute. La victime se justifie car elle culpabilise, et tente d’expliquer au pervers ce qu’il a déjà compris. Ceci est possible car la victime va rechercher en permanence ce qui lui est reproché, afin d’essayer de faire amende honorable, de reconnaître son erreur et de s’en excuser. Le pervers niera toujours l’existence des faits, en s’appuyant sur l’absence de preuve de la victime qui va être déclaré interprétative, paranoïaque ou fabulatrice. Si la victime ne se met pas en faute par des réactions excessives, les insinuations et la médisance pour la disqualifier peuvent continuer indéfiniment. La situation de harcèlement est consécutive non d’un malentendu, mais du comportement pathologique du harceleur, qui entraîne chez la victime un comportement pathologique, la moindre faille étant exploitée par le pervers. L’agression perverse est toujours calme, réfléchie, rationnelle, programmée, le pervers en étant rarement à son coup d’essai. Mais la victime va la vivre comme si celle-ci était seulement le fruit de son imagination, car elle repose sur beaucoup de non dit et amène le doute sur son propre ressenti. Parler, s’exprimer est primordial, car c’est sortir de l’emprise, c'est oser mettre en doute les vérités imposées par l’agresseur. La naissance du harcèlement est donc anodine et sa propagation insidieuse. De son coté, dans un 1er temps, la victime ne va pas se formaliser et va prendre à la légère, piques et brimades. C'est seulement lorsque ces attaques vont se multiplier et que la victime se retrouve régulièrement acculée, mise en état d’infériorité, ou soumise à des manoeuvres hostiles et dégradantes pendant une longue période, que celle-ci va réagir. C'est à ce moment là que l'environnement social va pouvoir jouer un rôle prépondérant. En effet, le harcèlement est un type d’interaction asymétrique destructeur qui ne fait que s’amplifier si personne n’ose intervenir. Pour que cela cesse, il suffit simplement que quelqu’un réagisse d’une façon saine, ce qui suppose un certain courage. Dans le cas contraire la victime aura le sentiment d’être tout simplement exécutée socialement, avec l’accord de tout le groupe, ce qui renforce le risque de suicide. Il est facile de reconnaître une situation de harcèlement, car la différence est flagrante entre un conflit suivi d’excuse, et la répétition de vexations et d’humiliations sans nuance. Une situation de crise peut stimuler un individu, alors qu’une situation de violence perverse tend à anesthésier ce dernier. Le harcèlement est aussi un phénomène circulaire, a savoir, une suite de comportements délibérés de la part de l’agresseur, destinés à déclencher l’anxiété de la victime. Celle-ci va alors adopter une attitude défensive, ce qui va générer d’autres agressions. Un phénomène de phobie réciproque apparaît après un certain temps lorsque les protagonistes sont souvent en contact: sentiment de rage chez le pervers / sentiment de peur chez la victime. Cette dernière entraîne chez la victime des comportements pathologiques (fuite, dépression...) qui serviront d’alibis pour justifier rétroactivement l’agression. La rage provoquée par la victime chez le pervers, l’amènera lui aussi à adopter l’évitement comme stratégie. I EN ENTREPRISE Le harcèlement est objectivement contre-productif. C’est en effet un processus qui favorise la baisse de la productivité, l’absentéisme, et qui naît de la rencontre de l’envie de pouvoir et de la perversité. Les harceleurs, dans un but de toute puissance, se servent consciemment ou non de procédés pervers qui ligotent psychologiquement les victimes et les empêchent de réagir. Ce sont généralement des individus avides de pouvoir, qui craignent l’affrontement. Ils utilisent donc de préférence des procédés indirects, comme les manipulations sournoises ou sadiques pour obtenir le pouvoir. Ces mêmes procédés qui ressemblent à des pièges ont d’ailleurs été utilisés dans les camps de concentration et continuent à être de rigueur dans les régimes totalitaires. Pour garder le pouvoir et contrôler l’autre, le pervers utilise des manoeuvres tortueuses qui deviennent de plus en plus violentes si l’employé résiste. - on lui retire tout sens critique (qui a tord / qui a raison ? confusion) - on le stresse, on le houspille, on le surveille, on le chronomètre : la victime se sent en permanence sur le qui vive. - la communication avec la victime est réduite au minimum, et ne concerne jamais la violence subie par la victime. Dans le harcèlement, il y a toujours un consentement laxiste du système. Cela est d’ailleurs toujours préjudiciable au système. L’entreprise devient alors victime à son tour des individus qui la dirigent. Elle est vampirisée par des prédateurs dont l’unique souci est de se maintenir dans un système qui les valorise. Les entreprises peuvent être complaisantes vis à vis des abus de certains individus, du moment que cela n’entrave pas le profit et que cela n’engendre pas trop de révolte. Mais alors la logique du travail s'en trouve transformée. L'entreprise pourraient permettre aux individus de s’épanouir, elle ne fait souvent que les briser. Plus l’entreprise est complaisante, et plus la perversion fait des émules qui ne sont pas eux même pervers au départ, mais qui perdent progressivement leurs repères, qui se laissent convaincre par ce mode de fonctionnement. Ils ne trouvent alors plus choquant qu’un individu soit traité de façon injurieuse. La frontière entre “houspiller” pour stimuler et harceler réside dans le respect de l’autre. Cette complaisance est souvent le fait de l'employeur lui-même, qui va favoriser le harcèlement en traitant ses employés comme des enfants, ou en les considérants comme des “choses”, corvéable à souhait. Ces employeurs pervers demandent alors le maximum aux salariés sans aucune reconnaissance en retour, en faisant en sorte par exemple que les employés ne restent pas trop longtemps au même poste, afin d’éviter qu’ils n'acquièrent trop de compétences. L’employé est maintenu dans en état permanent d’ignorance, d’infériorité et de VULNERABILITE(ce terme est important car la vulnérabilité excite le pervers). Toute originalité ou initiative personnelle dérange. On casse les élans et les motivations en refusant toute responsabilité et toute formation. Parfois on demande aux employés de faire leur autocritique au cours de réunions hebdomadaires, transformant ainsi les groupes de travail en humiliation PUBLIQUE. (ici aussi ce terme est important: le pervers a besoin d'un public) L’individu ne compte pas, ainsi que son histoire, sa dignité ou sa souffrance. Un système de représailles peut aussi être mis en place, qui amènera souvent l’employé à refuser un arrêt de travail proposé par un médecin. Un fois ce protocole bien établie, plusieurs méthodes vont pouvoir être utilisées pour se débarrasser le cas échéant d’un salarié dérangeant, même si l’on n’a rien à lui reprocher. - Une restructuration de service entraîne la suppression de son poste; on peut faire alors un licenciement économique. - On lui donne une tache difficile et on cherche ses faiblesses pour pouvoir ensuite le licencier pour faute. - On peut aussi le harceler psychologiquement pour le faire craquer et, pourquoi pas, l’amener à donner sa démission. Dans une entreprise où l’ambiance est malsaine, les employés les plus récemment arrivés sont toujours les plus exposés en cas de clash. Le pervers n’attaque pas forcément quelqu’un qui est fragilisé. Il peut créer la fragilité afin d’empêcher l’autre de se défendre, ou accentuer celle d’un employé déjà fragilisé par une cause extérieure au travail. La technique est toujours la même, on utilise les faiblesses de l’autre et on l’amène à douter de lui-même afin d’anéantir ses défenses. C’est un procédé habituellement utilisé et même valorisé dans le monde des affaires ou de la politique, et le pervers est toujours à l’affût de la vulnérabilité. Pour peu que les paroles, les rumeurs et les attaques du pervers viennent faire écho à une fragilité identitaire, ou à un manque de confiance antérieur, (comme par exemple hors entreprise, lorsqu’elle s’adresse à un enfant dans une famille pathologique), ces attaques sont alors incorporées par la victime qui les accepte comme vérités. 2 phénomènes coexistent dans cette guerre psychologique : - l’abus de pouvoir - la manipulation perverse L’abus de pouvoir est le fait d’un supérieur hiérarchique qui agresse ses subordonnés en profitant de son statut, du fait de ses carences naturelles pour diriger un groupe. Généralement ce type de management de la part d’une brebis galeuse, se propagera en cascade dans tout le groupe. Le pervers profite aussi de la docilité des gens dans un groupe pour s’imposer et faire souffrir autrui. Il en retire une jouissance jubilatoire extrême. Il sait aussi que cela lui permettra d’accéder au pouvoir et de s’y maintenir, pour peu qu’il soit prêt à utiliser n’importe quel moyen. L'abus de pouvoir lui permet également de masquer sa propre incompétence. Cette logique d’abus de pouvoir où le plus fort soumet l’autre, se fait dans le groupe par la prise de la parole, via la saturation et la maîtrise des canaux de communication. Donner l’impression de savoir mieux, de détenir “La” vérité est le but. Le discours du pervers est totalisant, dans la mesure où il énonce des propositions qui paraissent universellement vraies. Le pervers sait, il a raison et essaie d’entraîner l’autre, les autres sur son terrain en l’amenant à accepter son discours. Un processus de domination s’instaure: la victime se soumet, elle est subjuguée, contrôlée, déformée. Si elle se rebelle, le pervers pointera son agressivité et sa malignité. Qu’elle se rebelle ou non, il se met de toute façon en place, un fonctionnement totalitaire fondé sur la peur, et qui vise à obtenir l’obéissance, et notamment l’annihilation de tout esprit critique, et la négation de toute différence, de toute affirmation de soi.. Il peut arriver que le harcèlement ne soit pas le fait d'un employeur mais d'un collègue, qui peut agresser un autre collègue. Ceci est une tendance au nivellement absolument normal au sein des groupes. La différence y est en effet toujours mal supportée. C’est en fait ce même moteur qui va animer le harcèlement: le sentiment d’envie à l’égard de quelqu’un qui possède quelque chose que les autres n’ont pas (beauté, jeunesse, richesse, qualités relationnelles) Il peut aussi trouver sa source dans les inimitiés personnelles liées à l’histoire de chacun des protagonistes ou dans la compétitivité, l’un essayant de se faire valoir aux dépens de l’autre. Le plus souvent ce processus est renforcé par l’incompétence des petits chefs. Un grand nombre de responsables hiérarchiques ne sont pas en effet des managers, des leaders. Dans une équipe, on désigne généralement comme responsable celui qui est le plus compétent sur le plan professionnel et non celui qui sait le mieux diriger. De ce fait, il est fréquent de voir des managers, sans aucune conscience des problèmes humains qu’impliquent leurs responsabilités. Un autre type de harcèlement dans l'entreprise : un supérieur agressé par des subordonnés; Ceci n’est pas anormal lorsqu’il s’agit d’une promotion interne. Mais là encore, il s’agit d’une erreur stratégique de la part de la hiérarchie. L’abus de pouvoir et la perversion apparaisse davantage lorsqu’un supérieur agresse un subordonné. Si la victime réagit et tente de se rebeller, la malveillance latente fait place à une hostilité déclarée. Commence alors la phase de destruction morale (psychoterreur). Là tous les moyens sont bons, y compris la violence physique pour démolir une personne désignée. Dans cette violence, l’intérêt de l’entreprise est perdu de vue par l’agresseur, qui veut uniquement la perte de sa victime. Dans le fonctionnement pervers, il n’y a pas que la quête du pouvoir, il y a surtout une grande jouissance à utiliser l’autre comme un objet, en position d’impuissance, pour ensuite le détruire en toute impunité. Tous les moyens sont bons pour cela, même et surtout si cela se fait au détriment des autres. Rabaisser les autres afin d’acquérir une bonne estime de soi parait légitime et naturel au pervers car , il n’a aucun respect envers autrui. Ce qui frappe, c’est l’animosité sans borne du pervers pour des motifs futiles, et son absence totale de compassion pour les personnes acculées à des situations insupportables. Plus la personnes deviendra vulnérable et plus l'intérêt du pervers sera excité. L’entourage peut alors jouir de façon sadique du spectacle de cette destruction, si ce n’est pas par lâcheté, ou par crainte de devenir cible à son tour. Dans une relation normale, il est toujours possible au besoin par le conflit, de mettre une limite à la toute puissance de l’autre pour imposer un équilibre des forces. Mais un pervers manipulateur ne supportant pas la moindre opposition à son pouvoir, transformera une relation conflictuelle en haine, au point de vouloir la destruction de son collaborateur. On pourra noter que parfois l'accroissement soudain du pouvoir statutaire d’une personne, rend parfois pervers, surtout lorsque la personne concernée a le sentiment que l’exercice de ce dernier ne sera pas régulé. Concernant le sort des victimes: la menace du chômage permet d’ériger l’arrogance et le cynisme en méthode de management, mais la peur du chômage en entreprise n’explique pas seule la soumission des victimes. Dans un contexte concurrentiel, la confusion ambiante peut aussi être utilisée pour démolir quelqu’un en toute impunité. Dans un système économique compétitif, de nombreux dirigeants ne font plus face et ne tiennent plus que grâce à un système de défense destructeur, refusant de prendre en compte les éléments humains, fuyant leurs responsabilités et dirigeant par le mensonge et la peur. Dans ce type de contexte, les conflits naissent alors plus facilement au sein des groupes de travail sous pression. Les nouvelles formes de travail qui visent à accroître les performances des entreprises, en laissant de coté tous les éléments humains, sont génératrices de stress, et créent les conditions favorables à l’expression de la perversité. La désorganisation peut aussi favoriser l’abus de pouvoir, notamment au sein des administrations. Ci dessous, quelques signes de désorganisation dans une entreprise : - une mauvaise définition des rôles - un climat organisationnel instable - une absence de concertation - la lourdeur de certaines administrations ou entreprises très hiérarchisées qui permet à certains individus avides de pouvoir de s’acharner contre d’autres individus en toute impunité. - l’entreprise qui encourage les méthodes perverses - une déshumanisation des rapports de travail De la même façon, les outils couramment utilisés dans le harcèlement en entreprise sont bien identifiés : - Disqualifier : retirer à quelqu’un toute qualité, lui dire et lui répéter qu’il ne vaut rien jusqu’à l’amener à le penser, accessoirement en l’agressant, mais jamais ouvertement, pour éviter de donner l’occasion à la victime de répliquer. La disqualification est pratiquée de façon sous-jacente dans le registre de la communication non verbale : regards méprisant, soupirs excédés sous-entendus, allusions déstabilisatrices ou malveillantes, remarques désobligeantes, critiques indirectes dissimulées dans une plaisanterie, ou dans des railleries protéiformes. La victime ne pourra contre attaquer, car elle doute de ses propres perceptions, elle n’est pas sûre de ne pas exagérer son ressenti. Le doute, puis la perte de confiance en soi, et envers les autres ensuite, l’amèneront à renoncer à se défendre. La disqualification consiste aussi à ignorer la victime de manière ostentatoire, devant autrui, ou à en parler comme d’un objet, à le traiter comme un objet. Pousser l’autre à la faute est un moyen habile pour disqualifier quelqu’un. Cela permet de rabaisser et de critiquer, et de générer une mauvaise image de la victime pour elle-même. La provocation et le mépris peuvent cependant amener la victime à devenir impulsive ou agressive. La disqualification peut s’étendre ensuite, en faisant participer l’entourage, la famille, les amis, ou les connaissances de la victime. - Discréditer : ridiculiser, humilier, couvrir de sarcasmes, donner un surnom ridicule, se moquer d’une infirmité ou d’une défaillance, les calomnies, les mensonges, les sous-entendus malveillants. Le pervers s’arrange pour que la victime sache, sans qu’elle puisse pour autant se défendre. Lorsque la victime craque, s’énerve ou déprime, cela justifie pour le pervers le harcèlement à posteriori. - Isoler : il est nécessaire pour détruire l’autre, de casser toutes alliances possibles. Quand on est seul, il est beaucoup plus difficile de se rebeller, surtout si on vous fait croire que tout le monde est contre vous. Diviser pour mieux régner est un axiome du pervers. Le pervers excelle dans l’art de monter les gens les uns contre les autres, de provoquer des rivalités, des jalousies. La jouissance suprême pour un pervers est de faire accomplir la destruction d’un individu par un autre et d’assister à ce combat d’où les deux sortiront affaiblis, ce qui renforcera sa toute-puissance personnelle. Dans une entreprise cela se traduit par des rumeurs, des insinuations, ou des préférences affichées, par le fait d’accorder des privilèges à certains employés, et le fait de faire varier ses préférences. Le travail de déstabilisation peut être ainsi le fait de collègues envieux et le véritable agresseur pourra dire qu’il n’y est pour rien. Provoquer la jalousie chez l’autre par exemple, est une façon pour le pervers de se maintenir hors du champ de la colère et de la haine. En amenant l’autre à devenir jaloux, le pervers qui est fondamentalement envieux, amène autrui sur le même plan que lui. Quand l’agression vient de la hiérarchie, la déstabilisation est générée par la privation d’information et l’isolement. Plus tard, c’est la mise en quarantaine, on ne donne plus de travail à la victime, sans pour autant l’autoriser à avoir une autre occupation, ou à partir plus tôt. L’isolement fait partis du processus, afin de rendre la victime acariâtre. L’entourage aura alors un jugement négatif de la victime, ce qui accentuera l’isolement. - Brimer : consiste à confier à la victime des tâches inutiles ou dégradantes, fixer des objectifs impossibles à tenir, pour finir par voir le travail effectué, dénigré ou tout simplement jeté à la poubelle (un rapport par exemple). Cela peut être aussi des agressions physiques, sous forme de négligences susceptibles de provoquer des accidents, voir la mort (se méfier de toute installation électrique, ou de lourdes charges placées en hauteur). Le monde du pervers narcissique est dichotomique. Les agressions commence sourdement, en donnant le sentiment à la victime qu’elles sont dues au hasard ou qu'elles sont légitimes. Elles s’accompagnent de menaces toujours indirectes ou voilées. Le pervers tue à petit feu. C’est la torture de la goutte chinoise, ou l’étouffement, avec relâchement lorsque la victime est au bord du suicide. Le pervers préfère que la victime se tue plutôt que de la tuer directement. Les marques d’hostilités sont constamment présente, permanente, par petites touches lancinantes, pendant plusieurs années. Si la pression se relâche lorsque la victime est sur le point de se suicider, c’est parce que le pervers sait aussi jusqu’ou il peut aller, et il souhaite pouvoir se défendre de ne pas avoir pousser la victime au suicide peut avant qu’elle ne passe à l’acte. Ce relâchement est aussi une question qu’il adresse à la victime : en as-tu assez ? Est-ce qu’on continue ou est ce que tu te suicides maintenant ? Dans la même optique, le pervers a au préalable testé sa victime dans toutes les situations possibles. Il essaye de tout contrôler, toujours. Il sait alors pertinemment quand s’arrêter. Pour le mettre en défaut, la victime n'a comme seul recours que de tenter de faire perdre pied au pervers. Furieux, ce dernier va se lâcher, se découvrir et se trahir publiquement, ce qui l'amenera à afficher une attitude décomplexée. Cette violence est préméditée de la même façon qu’un animal prédateur pourrait le faire avec sa proie. C’est également une violence asymétrique, l’agresseur se considérant comme supérieur à la victime. (Si le pervers considère que cette dernière a quelque chose de plus, c’est de toute façon pour penser que cela n’est pas mérité. Il est supérieur et souhaite le montrer) Ce sentiment de supériorité lui permet de justifier l’absence de confrontation directe avec sa cible -et de ne pas avoir à s’avouer sa lâcheté et sa fourberie-. Reynaldo Perrone dans “violence et abus sexuels dans la famille”, parle de violence punition. Aucun des acteurs ne parle alors de cette violence. Elle est tabou. Celui qui inflige la souffrance estime que l’autre la mérite et n’a pas le droit de se plaindre. Il y aura une escalade de la violence devant toute plainte, ou toute trace d’émotion, considérés comme une marque de faiblesse par le pervers. On retrouve ces mécanismes dans l'entreprise à l'identique. Après l’inhibition de la victime, le pervers provoque en elle des sentiments, des actes des réactions par des mécanismes d’injonction. Pousser l’autre à la faute, permet de le critiquer ou d’avoir une bonne raison de le rabaisser, mais surtout cela donne à la victime une mauvaise image d'elle-même, renforçant ainsi sa culpabilité. Lorsque la victime perd le contrôle d’elle-même, le mépris et les provocations permettront d’obtenir un passage à l’acte (crise de nerfs, dépression, violence, raptus notamment), qui sera ensuite facilement utilisé par le pervers pour adopter immédiatement lui-même le statut de victime. Ces provocations permettent accessoirement d’offrir en spectacle la victime, et de faire intervenir des gens étrangers à la stratégie mise en place. Ces innocents ajouteront en faites du crédit par leur témoignage à l’instabilité ou à la dangerosité de la victime, qui n’a eu que le malheur de craquer nerveusement. Acculé à réagir de manière impulsive, la victime sera automatiquement “psychiatrisée” au pire, au mieux perdra la confiance de tout le monde. Etiquetée la victime essaiera de se justifier comme si elle était réellement coupable. Le plaisir du pervers s’accroît dans ces cas là, en évoquant après coup, l’humiliation de la victime, comme pourrait le faire quelqu’un d’absolument étranger à la situation qu’il a créé. Il mise totalement sur la folie flagrante de la victime qu’il a simplement poussé au déséquilibre en permanence, et ceci quelle que soit les conséquences pour la victime (suicide réussi, passage à l’acte hétéro-agressif ou psychiatrisation) L’idéal pour le pervers est de parvenir à ce que l’autre devienne mauvais, ce qui le rendra duplique au yeux d’autrui. Il n’a pas de plus grande satisfaction que lorsqu’il entraîne sa cible à devenir destructrice (agressivité à l'encontre des autres)à son tour, ou qu’il amène plusieurs individus à s’entre-tuer. Les pervers cherchent à entraîner les autres dans leur registre puis à les amener à pervertir les règles. Leur force de destruction tient beaucoup à la propagande qu’ils font pour démontrer à l’entourage à quel point l’agressé est mauvais, et qu’il est donc normal de s’en prendre à lui. Si la victime réagit en sollicitant l’aide d’un tiers (comme la justice par exemple), celui qui au départ initiait la violence, se pose alors en victime. LE HARCELEMENT SEXUEL C’est l’étape suivante du harcèlement moral. Il concerne les deux sexes. Il s’agit d’une véritable objectalisation de l’individu, considéré comme étant à disposition. Refuser cet état entraîne humiliations et agressions. L’autre est utilisé comme un objet dans la perversion morale comme dans la perversion sexuelle. Autre point commun : le déplacement de la culpabilité sur la victime. Le pervers se sert de la culpabilité de cette dernière, et de sa propension à intérioriser celles des autres. Différents types d’attitudes ont pu être identifiées : Le harcèlement de genre : négation des femmes. Le comportement séducteur. Le chantage sexuel. L’attention sexuelle non désirée. L’imposition sexuelle. L’assaut sexuel La relation de harcèlement dans ce cas se met en place en deux phases, L’une de séduction L’autre de violence manifestes Racamier a appelé la première phase “décervelage” Le séducteur détourne la victime de la réalité, et opère par surprise, en secret. Il n’attaque jamais de manière frontale mais de façon indirecte afin de capter le désir de l’autre, d’un autre qu’il admire, qui peut lui renvoyer une bonne image de lui-même. La séduction perverse se fait également en utilisant les instincts protecteurs. Cette séduction est narcissique : par une séduction à sens unique, le pervers cherche à fasciner sans se laisser prendre. Pour J.Baudrillard, la séduction conjure la réalité et manipule les apparences. Elle est de l’ordre des signes et des rituels. La présence de l’autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité. Cette “démentalisation” dévalorise et disqualifie l’individu, mais diffuse également à l’entourage. Tout le monde peut se trouver dans un état de grande confusion. Elle peut parfois se dérouler sur plusieurs années. Ce processus de séduction préparatoire, vise à déstabiliser la victime, et à faire en sorte que celle-ci perde confiance en elle-même. Il s’agit d’abord de la séduire, puis de l’influencer afin de la mettre sous emprise, lui retirant en cela toute parcelle de liberté. Dans un sens juridique, la séduction consiste à corrompre et à subordonner la victime lui retirant ainsi tout libre arbitre. L’influence consiste à amener quelqu’un à penser, décider, ou se conduire autrement qu’il ne l’aurait fait spontanément, sans qu’il ne puisse argumenter. Le processus d’influence est pensé en fonction de la sensibilité et des vulnérabilités de la victime. Le but est par contre toujours le même, a savoir de retirer tout sens critique, toutes capacités de défense de la victime, en éliminant ainsi toute possibilité de rébellion. La violence manifeste ou l’emprise, se met en place ensuite grâce au mensonge. C’est une relation de domination intellectuelle ou morale. Il y a trois dimensions principales dans l’emprise : -une action d’appropriation par dépossession de l’autre -une action de domination où l’autre est maintenue dans un état de soumission et de dépendance. -une dimension d’empreinte où l’on veut laisser sur l’autre une marque. Parce qu’elle neutralise le désir de l’autre, parce qu’elle abolit toute sa spécificité, l’emprise comporte une indéniable composante destructrice. La victime se soumet sans consentement : elle est chosifiée. Sous l’emprise, elle finit par penser comme son agresseur. Elle n’a plus de pensée propre. La stratégie perverse soumet l’autre petit à petit, afin de le garder à disposition. Si le partenaire résiste, les manoeuvres d’abord anodines, deviennent de plus en plus violentes. Il faut qu’il y ait suffisamment de résistance pour que le pervers ait envie de poursuivre la relation, mais pas trop pour qu’il ne se sente pas menacé. Dans le cadre d'un couple ou de la famille, au départ les victimes obéissent pour faire plaisir à leur partenaire, ou pour le réparer narcissiquement, ensuite elles se soumettent, ou obéissent parce qu’elles ont peur. Comme le pervers donne peu et demande beaucoup, un chantage implicite apparaît ou tout du moins un doute possible : celui d’être reconnu par le harceleur autrement que comme un objet marchandisable si l’on se soumet. Ce type de réponse n’est pas adapté, car le pervers ne peut être comblé. Au contraire, la victime recevra en retour haine et sadisme. La rébellion Cependant résister à l’emprise, c’est également s’exposer à la haine, car dans ce cas l’objet utile devient, objet dangereux et la stratégie perverse va pouvoir se dévoiler au grand jour. Le sujet lorsqu’il réagit, en essayant de se poser en acteur social et de récupérer un peu de sa liberté, va de la même façon accroître la haine. Si beaucoup de spectateurs du harcèlement se mettent à apprécier la victime, idem, la haine du persécuteur va s'accroître. Mais la haine atteindra son paroxysme, au moment où la victime va donner l’impression d’échapper à son asservissement. L’agresseur va alors éprouver un sentiment de panique et de fureur, et va se déchaîner, et par la même occasion s'exposer. L’agresseur se connaît aussi malgré tout assez peu lui même et le fait d’être pointer du doigt avec une certaine justesse par la victime va également l'excéder. Le pervers jouit en fait de voir son altérité enfin reconnue. Mais ses défauts le font souffrir, car il se croit parfait, et ne supporte pas qu’on lui rappelle, ou qu’on lui apprenne quoi que ce soit concernant les défaillances de sa personnalité. Quelle que soit la forme de rébellion choisie par la victime, le but du pervers va être de la faire taire. La haine va s'exprimer alors dans une extrême violence, faite d’humiliations, de coups bas, d’injures permanentes, de représailles…le pervers se protège en fait de ce qu’il craint le plus : la communication. La haine existait déjà lors de la phase d’emprise. Mais celle-ci restait voilée afin de préserver la crédibilité sociale, et la moralité supérieure ostentatoire du pervers. Dans l'accroissement de la haine, on n'assiste pas nonobstant les apparences à de l’amour qui se transforme en haine, mais à de l’envie masquée qui éclate au grand jour. Lacan, Maurice Hurni et Giovanna Stoll parlait de haine de l’amour pour décrire la relation perverse. Le pervers veut s’approprier ce que la victime représente, ce qu’elle a de plus, ce qu’elle incarne à ses yeux ou aux yeux des autres. Quand la haine de la victime s’exprime franchement c’est avec le souhait de l’anéantir. Ceci est justifié par un sentiment de persécution exprimé par le pervers -persécuté par les attributs supposés supérieurs de la victime-. Le pervers se considère en fait en état de légitime défense. Comme chez le paranoïaque, apparaissent alors chez lui des idées de préjudices, de persécution. Son anticipation sur les réactions de défense attendues de la victime l'amenant rapidement à avoir des conduites délictueuses et à fonctionner sur un mode procédurier. II DANS LA FAMILLE En ce qui concerne les mauvais traitements psychologiques à enfants, ont été répertorié : Les violences verbales. Les comportements sadiques et dévalorisant Le rejet affectif Les exigences excessives ou disproportionnées par rapport à l’age de l’enfant Les consignes et injonctions éducatives contradictoires ou impossibles La violence directe est un rejet conscient ou inconscient par un des parents, qui déclare agir pour l’intérêt de l’un de ses enfants. Les agressions sont tellement banalisées au travers de mots et de gestes ordinaires, qu'en définitive l'enfant n'aura jamais objectivement de quoi se plaindre. Note: une des manières d’exprimer cette violence : donner des surnoms. L’enfant est en fait considéré comme persécuteur, et responsable de tous les maux par le parent rejetant, et cet état va être intériorisé par l'enfant. C'est cette intériorisation par l’enfant non désiré de sa destruction, qui va alors engendrer un comportement autodestructeur. Ex : un enfant harcelé pour des maladresses supposées, devient maladroit ce qui accentue la violence; en fait au départ il était normal. Le parent brise en fait l’étincelle de vie qui lui fait défaut. Il brise la volonté de l'enfant, casse son esprit critique et fait en sorte qu’il ne puisse juger son parent. Cette situation doit lui paraître normale et c'est également ce qui va être intériorisé par l'enfant. Les enfants ressentent en fait leur non conformité au désir du parent, ou qu’ils n’ont pas été désirés. Une culpabilité va alors apparaître, constituant une tentative de réparation narcissique du parent, une tentative de se conformer à son désir. C’est peine perdue. Quoi que l’enfant fasse, toutes ses attitudes lui sont reprochées. La violence perverse se transmet d’une génération à l’autre. Tout ce qui n’a pas été métabolisé pendant l’enfance se trouvera rejoué dans des passages à l’acte perpétuels à l’age adulte. La haine ne s’arrête jamais, car il s’agit d’un processus autonome qui une fois enclenché se perpétue dans le registre des convictions délirantes. L’enfant de formulera pas de plainte de mauvais traitement, mais sera en quête permanente d’une improbable reconnaissance du parent rejetant. Les allusions et remarques perverses sur l’enfant fonctionnent comme un conditionnement négatif, comme un lavage de cerveau destiné à le rabaisser. Dans le harcèlement le langage est perverti : chaque mot cache un malentendu qui devient une occasion de piéger l’autre. Encore plus pervers, le parent rejetant peut utiliser une tierce personne comme un boomerang pour faire éclater les conflits ou retourner habilement les situations en ironisant. Puisque le parent ne peut socialement tuer l’enfant physiquement, et puisque qu’il faut bien une couverture légale afin de garder une image présentable de soi, le meurtre devient psychique en faisant en sorte que l’enfant ne soit plus rien. “pas de trace pas de sang pas de cadavre, le mort est vivant et tout est normal.” Mention spéciale concernant l’inceste latent = à coté de la violence perverse qui consiste à détruire l’individualité de l’enfant, existe des familles à l’atmosphère malsaine : regards équivoques, attouchements fortuits, allusions sexuelles. Les barrières entre générations ne sont pas posées clairement. Il n’existe pas de frontière entre le banal et le sexuel. On ne parle pas d’inceste dans ce cas, mais de familles “incestuelles” Les enfants sont alors intégrés comme témoin de la vie sexuelle des adultes. Dans le couple, c’est le même processus. Le mouvement pervers apparaît avec l’emprise, quand la dimension affective fait défaut, ou lors d’une trop grande proximité avec l’objet aimé. L’individu narcissique craint que l’autre ne le quitte. Il s’agit alors de le maintenir dans une relation de dépendance ou même de propriété pour vérifier sa toute puissance. Le partenaire est envahi par le doute et la culpabilité, et doit rester sous l’emprise pour être frustré en permanence. Il est alors nécessaire de l’empêcher de penser, pour éviter qu’il ne comprenne le processus mis en action. Cette position de flou et d’incertitude a pour objectif de retenir l’autre car le pervers a peur de l’engagement, qui représente pour lui une menace de se perdre dans la relation. Une tolérance a été postulée par des psychanalystes, de la part de la victime. Hors les victimes n’avaient jamais manifesté de tendances autopunitives auparavant, et n’en manifesteront pas après. Ce type d’interprétation est d’ailleurs dangereux car elle vient renforcer le sentiment de culpabilité du partenaire, le paralysant ainsi davantage. L’origine de cette tolérance est d’ailleurs plus souvent une question de loyauté familiale, ou d’acceptation d’un rôle réparateur pour le narcissisme du pervers. Cette tolérance est compris par le pervers comme une marque de faiblesse. C'est aussi une opportunité afin de remettre en cause systématiquement la victime, le pervers en étant incapable en ce qui le concerne. La victime souhaite comprendre car elle souffre, mais la recherche du dialogue est un échec. Le pervers refuse de considérer la souffrance de la victime. La violence est alors considérée comme réciproque pour le pervers. La victime veut seulement établir un dialogue. Le pervers culpabilise alors la victime pour cette violence qu’elle occasionne chez lui, en le sollicitant. Pour que le pervers puisse aimer, il faut aussi qu’il haïsse quelqu’un d’autre, souvent le partenaire précédent. Tout ce qui fait obstacle à une nouvelle relation amoureuse doit être détruit comme objet gênant. La violence apparaît généralement dans un moment de crise, quand un individu qui a des défenses perverses ne peut pas assumer la responsabilité d’un choix difficile. Le refus de la responsabilité d’un échec conjugal est souvent à l’origine d’une bascule perverse. Un individu pervers a un fort idéal de couple (idéalisation) et présentera des relations apparemment normales avec son partenaire jusqu’au jour où il doit faire le choix entre cette relation et une nouvelle rencontre. La violence perverse va alors s'exprimer et sera d’autant plus forte que l’idéal de couple était grand. Le pervers ne peut accepter la responsabilité de son indécision et de ses échecs. Le responsable c'est toujours l'autre. Ce phénomène est fréquent lors des séparations : mais normalement, la haine s’estompe en même temps que s’estompe l’idéalisation du nouveau partenaire. Chez le pervers, l’amour doit être clivé et entouré de haine. L’image idéalisée du couple amplifie la haine. Après la séparation, le mouvement pervers s’accentue, et la violence se poursuit toujours à travers tous liens relationnels qui peuvent exister. L’envahissement est une spécialité du pervers : attente à la sortie du travail, coup de téléphone jour et nuit, menaces directes ou indirectes, violences. C’est un jeu qui l’amuse, dont il peut se vanter et il rit souvent de ses exactions. Cependant, ce type de comportement conduit souvent au divorce, ce qui surprend toujours le pervers, car il suppute toujours ironiquement que sa violence est appréciée par la victime. C'est alors le début d'une série de discorde, de divergence de point de vue. En effet, les divorces avec un pervers narcissique quel que soit celui qui en est à l’initiative, sont presque toujours violents et procéduriers, sans que le harcèlement ne cesse. Celui-ci changera simplement de forme. Le lien de harcèlement est par exemple maintenu par le biais de lettres recommandées, par l’intervention d’avocats, ou par les procédures qu’offre la justice. En fait, la victime va tout faire pour se détacher du nuisible qui la harcelle, tout en ressentant une certaine culpabilité. Elle aura alors tendance à se montrer généreuses dans le partage des biens espérant ainsi échapper à l'emprise de son persécuteur. Légalement, le pervers utilisera tous les moyens pour discréditer la victime, y compris le mensonge ou l'interprétation. Il n’est en effet pas rare que le pervers ayant réussi à pousser son partenaire à la faute se serve ensuite de ce fait pour obtenir le divorce à son profit. Il n’est pas rare non plus de voir le pervers devant un juge, exprimer sa volonté de nuire à la victime advitam eternam. Ce sera effectivement son unique but dans la vie à partir de la séparation, car le pervers qui ne vit que pour son travail, n'a aucune passion. Pour le harceleur, la victime est coupable de tout. Inutile de chercher à se justifier ou d’être conciliant, car cela engendre de la culpabilité et accroît la haine. La victime est de toute façon pitoyable pour le pervers. Aux insinuations, ne pas répondre est la meilleur option, car la victime est désignée coupable de quelque chose qui n’est pas nommé, mais que le harceleur et la victime sont supposés connaître. Toute décision de la victime après le divorce notamment concernant le bien être des enfants, seront probablement contestée. Il s’agit de continuer à montrer que la victime est mauvaise (mauvaise mère, mauvais camarade, mauvais amant…), de la remettre en cause, de la faire douter, de l'épuiser, et toujours également de la faire craquer. De manière sous-jacente, le pervers fera tout pour bloquer toute tentative de la victime pour améliorer sa vie, pour changer sa situation ou pour sortir de son emprise, car la relation perverse à l’autre se place aussi dans le registre de la dépendance du pervers envers sa victime. Cette dépendance sera déniée et attribuée à la victime par le pervers. Ce processus de dépendance s'exprime ainsi: a chaque fois que le pervers exprime consciemment des besoins de dépendance, il s’arrange pour qu’on ne puisse pas le satisfaire : soit la demande dépasse les capacités de l’autre, et le pervers en profite pour pointer son impuissance, soit la demande est faite à un moment où l’on ne peut y répondre. Le pervers sollicite en fait le rejet car cela le rassure de voir que la vie est pour lui exactement comme il a toujours su qu’elle était. L’envie joue aussi ici un rôle. Le harceleur imagine parfois au départ la victime de manière infantile dans la toute puissance d’un père ou d’une mère. Il souhaite la rabaisser uniquement pour cette raison. Le pervers se présente en fait souvent comme un petit garçon ou une petite fille revendicatif. Einstein était un pervers narcissique ; excédé par la vie commune avec sa première épouse Milena Maric, mère de ses deux enfants, et ne souhaitant pas prendre l’initiative d’une rupture, il érigea par écrit les conditions draconiennes et humiliantes de la poursuite d’une vie commune (le monde ,19 novembre 1996) : A. Vous veillerez à ce que : 1) mon linge et mes draps soient tenus en ordre 2) il me soit servi trois repas par jour dans mon bureau 3) ma chambre et mon bureau soient toujours bien tenus et ma table de travail ne soit touchée par nul autre que moi. B. Vous renoncerez à toute relation personnelle avec moi, excepté celles nécessaires à l’apparence sociale. En particulier vous ne réclamerez pas 1) que je m’assoie avec vous à la maison 2) que je sorte en voyage en votre compagnie C. Vous promettrez explicitement d’observer les points suivants : 1) vous n’attendrez de moi aucune affection ; et vous ne me le reprocherez pas 2) vous me répondrez immédiatement lorsque je vous adresserai la parole 3) vous quitterez ma chambre ou mon bureau immédiatement et sans protester lorsque je vous le demanderai 4) vous promettrez de ne pas me dénigrer aux yeux de mes enfants, ni par des mots, ni par des actes. Ici l’abus de pouvoir est clair, il est même écrit, car la personne concernée a du se rebeller. Mais normalement le pervers est sournois, et fonctionne sur le non-dit, sur le discours lattent. C'est d'ailleurs assez épuisant de chercher en permanence à comprendre ou est-ce que le pervers veut en venir. III LA COMMUNICATION PERVERSE Refuser la communication directe consiste à ne pas nommer le conflit qui est agi quotidiennement par des attitudes de disqualification. Rien n’est nommé tout est sous-entendu. L’agresseur refuse d’expliquer son attitude. Le refus du dialogue empêche en fait de trouver une solution, et d'assurer sa pérennité. Ce refus permet également d'empêcher l’autre de penser, de comprendre, de réagir. Lorsqu’il y a des reproches, ils sont toujours flous ou imprécis, pouvant laisser la place à toutes les interprétations ou à tous les malentendus possibles. D’autres fois, ils sont dans le registre paradoxal ce qui permet d'éviter pour le pervers toute réplique. La mise en place de l’emprise utilise des procédés qui donnent l’illusion de la communication. En fait l’autre est manipulé verbalement en étant tenu à l’écart des informations essentielles, ce qui lui donne un sentiment d’impuissance. Tout va être reproché à la victime par le pervers, ce qu’il déniera en éludant toute explicitation de son attitude, tout reproche et tout conflit ouvert. Se soustraire au dialogue, est une façon habile d’aggraver le conflit tout en l’imputant à l’autre, de signifier à l’autre qu’il n’existe pas. Il est fréquent que la victime utilise par exemple une correspondance épistolaire pour se justifier ou demander des explications. Elles resteront toujours sans réponse. Le fait que la victime augmente leur fréquence, ou qu’elle utilise des accusés de réception, sera alors utilisé contre la victime par l’agresseur, y compris juridiquement pour cause de .....harcèlement. 1 Déformer le langage Dans la plupart des cas, lors d’une relation inter-personnelle, la voix du pervers est froide, plate, monocorde, sans tonalité affective, qui glace, inquiète, laissant affleurer sous les propos les plus anodins du mépris, des reproches, des menaces ou une dérision empreinte de cynisme et d’ironie. Même lors d’échange violent, le ton ne s’élève pas. Le pervers laisse l’autre s’énerver seul. Le pervers accorde énormément d’importance aux termes utilisés, qu’il n’hésite pas à rapporter ultérieurement, tout en faisant preuve d’une mauvaise foi à toute épreuve. Provoquant le conflit, à un instant X, le pervers éludera le problème en rappelant une situation antérieure susceptible de générer de la culpabilité chez la victime. Le pervers entretient de cette façon une certaine confusion. En sa présence, on n'arrive jamais à définir réellement le problème en cause afin de le résoudre une bonne fois pour toute. Offrant des propos sans cohésion car son but est de toujours rester maître de la situation, le pervers a également des discours contradictoires sans que cela ne lui pose de problème, tant qu’il arrive à maintenir la victime en porte à faux avec elle-même. Ce qui importe dans le discours du pervers c’est la forme et non le fond. Un autre procédé pervers consiste à nommer les intentions de l’autre ou à deviner ses pensées cachées comme si le pervers savait mieux que la victime ses intentions. 2 Mentir Le pervers utilise d’abord un assemblage de sous-entendu, de non-dits, destiné à créer un malentendu. Les messages incomplets ou paradoxaux à l’encontre de la victime, correspondent en fait à une peur de la réaction de l’autre. Ces messages ne pourront souvent être compris qu’à posteriori, car l’utilisation de techniques indirectes amène dans un premier temps la victime à douter. Cependant, Toute dénonciation faite avec justesse par la victime, sera reprise par le pervers pour souligner le caractère inconsistant, mensonger, l’intention nuisible, ou l’instabilité de la victime, voir sa malignité. Le pervers trouve toujours moyen d’avoir raison, et éprouve au contraire de sa victime beaucoup de plaisir à la polémique, de préférence stérile et en public. Le mensonge ne devient direct chez le pervers que lors de la phase de destruction. Les mensonges se font alors au mépris de toute évidence, version à laquelle le pervers s’accrochera à tout prix jusqu’a convaincre les autres, y compris souvent la victime. Ces falsifications de la vérités sont parfois très proches d’une construction délirante. Le mensonge correspond simplement à un besoin d’ignorer tout ce qui va à l’encontre de son intérêt narcissique. Le pervers peut ainsi nimber son discours de mystère afin d’être plus persuasif. 3 Manier le sarcasme, la dérision, le mépris Le mépris concerne le partenaire haï, ce qu’il pense, ce qu’il fait, mais aussi son entourage. Il constitue une protection contre des sentiments indésirables. Plus généralement le mépris et la dérision s’attaquent aux femmes. Le pervers déni la femme en tant qu’individu, et plus précisément son sexe. L’attaque se fera en remettant systématiquement en cause le statut de la victime à tous les niveaux : son histoire, son intégrité, son entité, son identité, son altérité, son ipséité, en insistant sur ce qui sera le plus blessant pour la victime, jusqu’a remettre en cause son moi, selon la seconde topique de Freud, et son idéal du moi. Pour avoir la tête hors de l’eau, le pervers a besoin d’enfoncer l’autre. Dans ces agressions verbales, ces moqueries, ce cynisme, ces calomnies, il y a aussi une part de jeu : c’est le plaisir de la polémique, le plaisir de pousser l’autre à bout, et à s’opposer. La provocation est l’arme suprême du pervers qui permet de déstabiliser définitivement la victime, en favorisant son immersion dans un système de violences et de menaces systématiques. Au final la victime culpabilisera, perdra ses repères, se remettra en cause sans pouvoir comprendre que le pervers est un lâche pulsionnel sans scrupule. Le fait de discréditer, de conspuer la victime et son maintien dans des situations de violence sociale permanente n’a qu’a but : la rendre méfiante et l’isoler, jusqu’a ce que celle-ci soit totalement désocialisée. Une violence mise en place de façon soudaine ne pourrait que susciter la colère et la réaction. Pour éviter cela, le pervers met en place un système de tests, de manière insidieuse et progressive, afin de voir jusqu’où il peut aller délibérément, sans faire réagir la victime. Une fois que la personnalité et les réactions de la victime sont bien identifiées, le pervers veillera à maintenir la victime sous son emprise, en évitant de donner l’opportunité à celle-ci de réagir, excepté pour faire un passage à l’acte, et ceci lorsqu’il l’aura décidé. Pour déstabiliser l’autre, le pervers attaque tout ce qu’il peut apprendre de la victime : - il se moque de ses convictions, de ses choix politiques, de ses goûts, - ne lui adresse plus la parole et l’isole, - la ridiculise en public - la dénigre devant les autres - la prive de toute possibilité de s’exprimer - se gausse de ses points faibles - fait des allusions désobligeantes, sans jamais les expliciter - met en doute ses capacités de jugement, son honnêteté, et souligne son incapacité à prendre des décisions, ou son irresponsabilité. Pour cela le pervers peut utiliser les autres, volontaires ou non, mais de toute façon insensibles aux humiliations subies par la victime. 4 User du paradoxe Le pervers est mu par un paradoxe : la peur du pouvoir de l’autre qui ne peut que l’amener à accroître son emprise. Lors d’une agression perverse, on assiste à une tentative d’ébranler l’autre, de le faire douter de ses pensées, de ses affects. La victime y perd le sentiment de son identité. Elle ne peut penser, comprendre. Le but est de la nier tout en la paralysant, de façon à éviter l’émergence d’un conflit. Le pervers peut alors continuer de l’attaquer sans en perdre le contrôle. On retrouve également le paradoxe sous forme de double contrainte dans son discours. Par exemple : quelque chose est dit au niveau verbal, et le contraire est exprimé au niveau non verbal, qui sera nié par l’agresseur. Le pervers amène l’autre à interpréter. En nommant ses doutes, la victime se fera taxer de paranoïaque. Le but des messages paradoxaux est de contrôler la victime dans le but de conserver une position dominante, et de faire en sorte qu’elle finisse par approuver. A la différence d’un conflit normal, il n’y a pas de vrai combat avec un pervers narcissique, pas non plus de réconciliation possible. La victime s’épuise à trouver des solutions, lesquelles sont de toute façon inadaptées et, quelle que soit sa résistance, elle ne pourra éviter l’émergence de l’angoisse et de la dépression. Très souvent les messages paradoxaux pourront être décodés, sous forme de prises de conscience, souvent très longtemps après être sorti de l’emprise, en fonction des capacités intellectuelles de la victime, et de sa faculté psychologique à se rétablir, sans conserver trop de séquelles. Mais cette phase de compréhension passe généralement par un processus de psychiatrisation une fois la victime dépouillée de son humanité, lorsque celle-ci abandonne son statut d’acteur social inhérent à la condition humaine. La victime devient alors à ce moment un légume ou un animal, et sa dépression chronique rend nécessaire effectivement une intervention psychiatrique, si elle ne s’est pas encore suicidée. Le processus de psychiatrisation ne concernera d’ailleurs pas forcément une dépression. Tout dépendra en fait à la fois du statut du harceleur et de la capacité de résistance de la victime. Paranoïa, trouble maniaco-dépressif, bouffée délirante, delirium tremens, troubles obsessionnels, hystéries, tout est bon pour parachever la destruction de l’autre, qu’il y ait eu passage à l’acte ou non, le summum étant le diagnostic de schizophrénie, lorsque la résistance de la victime fut à toute épreuve, et aussi lorsque le statut du ou des harceleurs est élevé, comme dans les cas des dissidences politiques. LE HARCÈLEMENT EXTREME La violence ultime peut aller jusqu’a la captation de l’esprit de l’autre, comme un véritable lavage de cerveau. Parmi les événements susceptibles d’entraîner des phénomènes de dissociation de la personnalité, mention est faite, dans la classification internationale des maladies mentales, des sujets qui ont été soumis à des manoeuvres prolongées de persuasion coercitive telles que le lavage de cerveau, le redressement idéologique, ou l’endoctrinement, tout cela en captivité. La dissociation est une pathologie tellement profonde qu’elle atteint le fonctionnement mental normal de la victime, qui sera dans l’impossibilité d’avoir toutes activités intellectuelles, et souvent toutes activités élémentaires. (Se laver, manger, s’habiller...) On obtient ce type de résultat uniquement dans des cas extrêmes, notamment lorsque la victime, a subi des tortures physiques et psychologiques prolongées en captivité comme : - le contrôle du sommeil avec alternance de bruit, et de silence profond - le contrôle de l’humidité, de la sécheresse, du froid et de la chaleur. - l’isolement de longue durée - la maîtrise de l’exposition à la luminosité, et à l’obscurité - la torture de la goutte d’eau chinoise, ou de l’étouffement, (oppressions qui jouent sur les angoisses princeps de l’être humain) - famine, déshydratation - violences et tortures physiques répétées - la réduction de l’autre à l’état animal sur une longue période - le défaut d’hygiène prolongée Modifier l’espace où se trouve la victime sans la changer physiquement d’endroit, permet de perturber à volonté ses repères temporels et spatiaux, internes et externes. L’efficacité de ce traitement est foudroyante. Agir sur la cellule qui contient l’individu, c’est agir sur le corps contenant l’esprit de l’individu, et au final sur son esprit, et son équilibre mental. La dissociation est obtenue de façon assurée, lorsque le détenu, placé en situation de quarantaine de manière répétée, dans le noir et dans le silence pendant plusieurs jours, répond de manière positive à l’appel de son nom ou à des suggestions effectuées par l’intermédiaire de micros placés dans sa cellule. Le détenu après plusieurs années, de ce traitement finira par perdre la conscience qu’il a de lui-même. Il répondra alors à cette voix, comme à un interlocuteur faisant parti de lui, sans en prendre conscience. A ce moment là, le détenu ne se lavera plus lorsque la possibilité lui en sera donnée, pourra manger ses excréments, se mutiler, passage à l’acte extrêmement fréquent dans les cas de dissociation, ou se suicider. Généralement ce type de traitement est appliqué au dissident politique disposant d’une certaine notoriété publique, au sein des régimes fascistes. Contrairement à la perception que peut en avoir la conscience populaire, la dissonance ou la dissociation (et plus globalement la schizophrénie), est un syndrome qui n’a rien à voir avec le symptôme du dédoublement de personnalité. Le dédoublement de la personnalité ou double personnalité, est un état second, d’origine hystérique, caractérisée par l’apparition alternante de personnalités distinctes chez un même sujet. Le patient dans ce cas est convaincu (et donc conscient), qu’il existe en lui plusieurs personnages différents vivant à tour de rôle ou simultanément, chacun pour soi, une vie totalement différente. Il s’agit d’une véritable atteinte à l’unité de la personnalité, et non à l’unité psychique, qui paradoxalement n’entrave pas l’adaptabilité sociale du patient, sans rien ôter à sa dangerosité. La dissonance ou syndrome dissociatif est au contraire constitué par une série de symptômes. Elle révèle un rejet du corps par l’esprit en terme religieux par exemple, une “dépression anaclitique” du signifiant par le signifié en terme psychanalytique, une séparation du contenant par le contenu, un abandon du matériel par le culturel, du charnel par le spirituel, du trivial par la pensée, de la nature par la civilisation, de l’externe par l’interne, de l’animalité par l’humanité, du symbole par le sens, du réel par l’imaginaire, du substrat par le principe, du concret par l’abstrait, du tout par la partie, du sensuel par le rationnel, de l’émotion par le sentiment, du désir par le fantasme (d'ou l'absence d'activité sexuelle des schizophrènes), de la conséquence par la cause, de la culpabilité par l’éducation, du vécu par l’expérience, du pragmatique par l’empirique, du systémique par l’analytique, de la valeur par le coût, du prix par l’argent, de l’usufruit par la propriété, de l’instinct par la loi, du social par l’altérité, mais surtout la dissonance est l’abandon de l’entité par l’identité ou plus simplement de la substance par la conscience. La dissonance, c’est tout cela car cette démission du patient vis à vis de la réalité, touche toutes ces sphères qui font qu’un être humain est humain. Si vous n’avez pas tout compris, bien qu’on ne puisse pas faire plus simple, la dissonance schizophrénique est un abandon total du corps par l’esprit. Du grecque, Skhizein qui signifie fendre et Phrênos, qui signifie pensée. Il ne faut pas comprendre, pensée fendue en deux, mais séparation du corps et de la pensée. C'est pour cette raison que ces patients n'ont pas d'hygiène, de repères temporels, de sexualité, ou d'activité sociale, absence de socialité qui n'a rien à voir avec l'isolement dû à une situation économique critique, ou à une quelconque opprobe, mais à un retrait dans un imaginaire mystique. Tout cela est bien sur la forme paroxysmale du harcèlement, et les conséquences ultimes qui peuvent en découler. On notera cependant la proximité de la cruauté entre cette dernière, et les formes plus conventionnelles du harcèlement.


LES PROTAGONISTES La victime Un point commun à toutes les situations de harcèlement: l’indicible du vécu de la victime et la souffrance. La victime n’ose pas vraiment imaginer qu’il y a eut violence et agression. Pour les personnalités les plus fragiles, une confusion persiste parfois “est ce que ce ne serait pas moi qui inventerais tout cela comme certains me le suggèrent?” Manques de respect, mensonges ou manipulations sont des actes quotidiens. Mais leur répétition et une tolérance du groupe dégénère en harcèlement, en perversion. La victime a pu se défendre, mais toutes ses défenses sont tombées une à une. La victime est alors entraînée dans un jeu mortifère et peut réagir elle-même en retour sur un mode pervers, car ce mode de relation peut être utilisé par chacun de nous dans un but défensif. Cependant, quoique la victime fasse, elle engendrera la haine du pervers. Il faut qu’elle accepte ça, son impuissance à modifier cette relation, même si cesser d’avoir peur peut parfois désamorcer l’agression. La victime éprouvera toujours de la colère, mais dans un premier temps, ce sera de la honte. Pour éprouver de la colère, il faut déjà accepter de se dire que l’autre est agressif et violent. Le pervers rend généralement la persécution légitime, en disqualifiant l’autre, en le poussant à un comportement répréhensible, et c’est cela qui génère de la colère chez la victime. La victime au départ doute, prend sur elle, ne juge pas autrui, nuance ses opinions, et reste tolérante. Ceci est d’ailleurs son tempérament habituel. Dans le cadre d’une relation de couple, la victime croit que l’amour rend meilleur et ne comprend pas la haine, se remet en cause. Dans la famille, les enfants vont intérioriser une image négative d’eux même et l’accepter comme étant méritée. Le parent a sous la main un objet vivant disponible et manipulable à qui il peut faire subir des humiliations qu’il a lui-même subies au préalable ou qu’il continue à subir. Toute joie de l’enfant est insupportable. Le pervers est poussé par une nécessité de lui faire payer la souffrance qu’il a lui-même vécue. Il pratique ainsi la culpabilisation de l’enfant en exerçant un chantage à la souffrance (l’enfant est responsable de la souffrance de ses parents, il les fait souffrir) L’enfant à souvent seulement commis la faute d’avoir quelque chose en trop, de plus par rapport au parent pervers, ce qui rappelle à ce dernier ses propres carences, ses propres manques. Celui-ci refuse de les voir, et tente d’effacer ces trop, ces mieux, qui lui sont insupportables en utilisant l’agression projective (tu es un bon à rien) Contrairement à ce que leurs agresseurs essaient de faire croire, les victimes ne sont pas au départ des personnes atteintes d’une quelconque pathologie ou particulièrement faibles. Au contraire, très souvent le harcèlement se met en place quand la victime réagit à l’autoritarisme d’un chef et refuse de se laisser asservir. C’est sa capacité de résister à l’autorité malgré les pressions qui la désigne comme cible. Le harcèlement est rendu possible parce qu’il est précédé d’une dévalorisation par le pervers, de la victime, qui est acceptée puis cautionnée par le groupe. Cette dépréciation donne une justification a posteriori à la cruauté exercée contre elle, et conduit à penser que celle-ci est méritée. Lorsque le processus de harcèlement est en place, la victime est stigmatisée en permanence: on dit qu’elle est difficile à vivre ou qu’elle a mauvais caractère. On met sur le compte de sa personnalité ce qui est la conséquence du conflit, en oubliant ce qu’elle était auparavant ou ce qu’elle est dans un autre contexte. Poussée à bout, il n’est pas rare qu’elle devienne ce que l’on veut faire d’elle: caractérielle, dépressive, perverse. Les Manipulations les plus graves peuvent même atteindre l’identité même de la victime. Elle est victime car elle a été désignée telle par le pervers. Bouc émissaire elle est responsable de tout le mal. La victime est en fait innocente du crime pour lequel elle va payer. Selon René Girard dans les sociétés primitives, les rivalités dans les groupes humains produisent des situations de violence indifférenciée qui se propage par mimétisme, jusqu’à ce qu’elles trouvent leur issue dans une crise sacrificielle d’un membre du groupe. La mort du bouc émissaire entraîne avec elle l’évacuation de la violence et la sacralisation de la victime. Aujourd’hui la victime n’est plus sacralisée, au contraire elle passe pour quelqu’un de faible. La victime est en fait généralement choisie pour ce qu’elle a de plus, et que l’agresseur cherche à s’approprier. Elle a simplement été présente au mauvais moment et au mauvais endroit. Le propre du pervers est de viser les parties vulnérables de l’autre, là où il existe une faiblesse ou une pathologie. La violence perverse confronte la victime aux traumas oubliés de son enfance. Elle vient en fait exciter la pulsion de mort qui est en germe chez chaque individu. Son masochisme supposé La victime n’est pas plus masochiste que qui que ce soi. Le pervers utilise simplement cette composante inhérente à tout individu pour se justifier. Le discours du pervers est totalitaire dans la mesure ou il nie la subjectivité de l’autre. Le fonctionnement pervers consiste aussi à éteindre toute trace de libido. Or la libido c’est la vie. Il faut donc éteindre toute trace de vie, tout désir, et par la même occasion le désir de réagir, de se défendre. La victime souffre de sa position de victime, mais en plus elle aura honte de ne pas avoir réussi à se défendre. Ses scrupules La victime est souvent d’un tempérament oblatif, candide, et ne recherche pas la polémique. La culpabilité est une qualité dans leur personnalité qui va être utilisée par le pervers pour la déstabiliser. Ceci est possible car la cible est généralement sensible aux jugements d’autrui, et c’est ce qui la pousse à se justifier en permanence en cas de crise. Un fonctionnement totalisant va alors apparaître a la fois chez l’agresseur et chez l’agressé. Dans les deux cas il existe une exacerbation des fonctions critiques envers l’extérieur pour le pervers, envers elle-même pour la victime. Cette culpabilité est souvent renforcée par l’entourage. Notre société à en effet une vision négative de la culpabilité: il ne faut pas avoir d’états d’âme, il faut se montrer le plus fort. Tout le monde a également tendance à penser qu’il n’y a pas de fumée sans feu, pas de culpabilité sans faute. Sa vitalité Les victimes sont généralement porteuses d’une mélancolie sous jacente, compensée par une grande vitalité. Les pervers s’attaquent à cette vitalité. Les victimes ne sont pas des tire-au-flanc, au contraire, on trouve parmi elles beaucoup de personnes scrupuleuses qui présentent un “présentéisme” pathologique (workaholic). C'est d'ailleurs ce point commun avec le pervers qui va favoriser la rencontre, la confrontation, la mise en relation. Elles ont aussi le défaut de ne pas savoir dissimuler leur bonheur. A partir de là, elles suscitent facilement l’envie. La transparence Les victimes paraissent naïves, crédules, voir stupides. Face à l’agression, et à tout malentendu pouvant légitimer celle-ci, la victime a alors tendance à se justifier, et à être le plus transparent possible. La manipulation marche d’autant mieux lorsque des membres de la famille sont impliqués. Certaines victimes comprennent tout de suite ce qui se passe. On parle alors d’hyper-lucidité, mais ce n’est pas pour cela qu’elles s’exprimeront, ni qu’elles croiront à ce qu’elles ressentent. D’autres comprennent seulement après coup. Dans tous les cas, elles deviennent dangereuses lorsqu’elles commencent à dénoncer le pervers. Il faut alors la faire taire par la terreur. Les conséquences de la phase d’emprise Le désistement Les attitudes d’évitement de la part des deux protagonistes servent à esquiver un conflit ouvert. La victime fera aussi souvent preuve de résignation ou de répulsion à réagir, notamment lors de situations extrêmes. Cela peut venir du fait que la victime a perçu la manipulation dont elle est l’objet et le projet du pervers de la faire craquer. La confusion La mise en place de l’emprise rend les victimes confuses. Elles n’osent ou ne savent se plaindre. Elles décrivent un véritable appauvrissement de leurs facultés, de leur personnalité. Cette confusion va accroître le stress. Dans ce combat psychique les victimes sont vidées de leur substance et renoncent à leur identité propre. Dans l’emprise, on assiste à une atténuation des limites intérieures entre les deux partenaires, puis à un éclatement de celles-ci. C’est un processus difficile à repérer mais qui est l’aboutissement de la destruction. Le doute Lorsqu’elle apparaît ouvertement, la violence masquée par l’emprise vient faire effraction dans le psychisme qui n’y était pas préparé car ce dernier était anesthésié par l’emprise. Il s’agit d’un processus impensable. On tend à prêter à l’agresseur des sentiments (culpabilité, tristesse, remords) dont il est complètement dépourvu. Une telle violence sans aucun frein est avec raison absolument inimaginable. Les victimes ont alors tendances à chercher des explications logiques à ce qu’elles subissent, ce qui est inutile car le processus de harcèlement est autonome. Le stress Accepter de se soumettre aux pressions du harceleur, ne se fait qu’au prix d’une tension intérieure importante. Le stress va alors apparaître. C’est un phénomène d’adaptation de l’organisme à son environnement, mais lorsque les pressions continuent sur une longue période, la résistance de l’organisme s’épuise. L’apparition d’une anxiété chronique ne pourra alors pas être évitée. Cet état de stress chronique peut se traduire par l’émergence d’un trouble anxieux généralisé, avec un état d’appréhension et d’anticipation permanente, des ruminations anxieuses qu’il est difficile de maîtriser, un état de tension permanente et d’hyper vigilance. Ces désordres fonctionnels et organiques sont dus à des à-coups neurohormonaux. Après une longue série d’échecs, les victimes se découragent et anticipent sur un nouvel échec. La peur A ce stade, les victimes décrivent toutes, un sentiment de peur. Elles sont sur le qui-vive en permanence, guettant le regard de l’autre, une raideur dans ses gestes, un ton glacial, pouvant masquer une agressivité non exprimée. Elles craignent la réaction de l’autre, sa tension ou sa froideur, et si elles ne sont pas conformes à ce qu’il attend, des remarques blessantes, des sarcasmes, du mépris, de la dérision. Que les victimes se soumettent ou bien qu’elles réagissent, de toute façon elles sont dans leur tort. La bienveillance envers le pervers ne fonctionne pas. Le pervers prend la gentillesse ou la naïveté, comme un signe de supériorité ou comme une faiblesse, qui réactive sa violence. Quand la haine survient en retour chez l’agressé, les pervers se réjouissent. Cela justifie les agressions précédentes. L’isolement Pour affronter tout cela les victimes se sentent seules. Perte de confiance en tout le monde, en l’humanité. Le harcèlement génére des conséquences à plus long terme: le choc Le choc se produit lorsque les victimes prennent conscience de leur persécution. Jusqu’alors, elles n’étaient pas méfiantes, elles étaient probablement même trop confiantes. Brutalement elles comprennent qu’elles ont été le jouet d’une manipulation. Elles se trouvent désemparées, blessées. Tout s’écroule. L’importance du traumatisme vient de l’effet de surprise et de leur manque de préparation à affronter la situation. Lors du choc émotionnel, douleur et angoisse se mêlent. C’est une sensation d’effraction violente, de sidération, de débordement, d’effondrement que certaines victimes décrivent comme une agression physique. Quand elles prennent conscience de la manipulation, les victimes se sentent flouées, comme quelqu’un qui vient de subir une escroquerie. Elles perdent toute estime pour elles-mêmes et leur dignité. Elles ont hontes. Il arrive qu’un désire de vengeance apparaisse. Mais la plupart du temps, elles sont à la recherche d’une réhabilitation, d’une reconnaissance de leur identité. Si elles obtiennent réparation c’est beaucoup plus tard, de la part des témoins ou des complices passifs qui manipulés par le pervers se sont joints à l’agression. Le pervers n’a en effet ni remord, ni regret. La décompensation Les capacités de résistance d’un individu ne sont pas illimitées, elles s’érodent progressivement et conduisent à un épuisement psychique. C’est la décompensation: la perte de la faculté d’adaptation. C’est à ce stade de la décompensation que les psychiatres rencontrent généralement les victimes. Elles présentent un état anxieux généralisé, des troubles psychosomatiques et un syndrome dépressif important. On peut constater diverses réponses physiologiques chez des victimes en état de choc: Ulcère à l’estomac, maladies cardio-vasculaires, maladies cutanées… Certaines perdent du poids, s’affaiblissent, exprimant par leur corps une atteinte psychique. Chez des sujets plus impulsifs, la décompensation peut se faire par des passages à l’acte violents. Les victimes ne sont pas, mais deviennent violentes et caractérielles. On sait que l’agressivité impulsive tout comme l’agressivité prédatrice, peut mener au crime violent, mais il semblerait que le risque de crime violent soit plus important chez les individus présentant une agressivité de type impulsive au départ. Aux yeux de l’agresseur, ces troubles servent de justification au harcèlement. Ces états dépressifs sont liés à l’épuisement, à un trop plein de stress. Les victimes se sentent vides, fatiguées, sans énergie. Plus rien ne les intéresse. Peuvent survenir alors des idées de suicide. Le risque est le plus grand lorsqu’elles prennent conscience qu’elles ont été flouées et que rien ne leur permettra d’être reconnues dans leur bon droit. Lorsque le suicide arrive, cela conforte le pervers dans la certitude que l’autre était faible, dérangé ou fou. Autre conséquence du traumatisme: la dissociation que l’on peut décrire comme un éclatement de la personnalité. Elle est définie comme la survenue d’une perturbation touchant des fonctions normalement intégrées comme la conscience, la mémoire, l’identité ou la perception de l’environnement. La séparation La fuite, partir, lorsque c’est possible, est le fait des victimes, jamais des agresseurs. L’abandon est alors un nouveau prétexte à la violence pour le harceleur. Lorsqu’il s’agit de séparation dans un couple, si une procédure judiciaire est entamée, c’est toujours de la part de l’agresseur contre la victime. L’évolution Certaines victimes vont développer une addiction(anxiolytique, alcoolisme, boulimie, toxicomanie…) D’autres vont développer toute une série de symptômes qui se rapprochent de la définition du stress post-traumatique, développée à partir de la névrose de guerre. Plus tard, ce diagnostic a été utilisé pour décrire les conséquences psychologiques des catastrophes naturelles ou des agressions à main armée ou des viols. Les gens menacés, harcelés et diffamés sont des victimes psychiques, qui comme des victimes de guerre ont été placées dans un état de siège qui les a obligées à être sur la défensive en permanence. Les agressions ou les humiliations sont inscrites dans la mémoire, et sont revécues par des images, des pensées, des émotions, intensives et répétitives. A plus long terme la peur d’affronter l’agresseur et le souvenir de la situation traumatisante entraînent un comportement d’évitement social. En même temps persistent des signes neurovégétatifs tels que des troubles du sommeil ou de l’hyper-vigilance. Pour ceux qui ont été harcelés dans l’entreprise, l’importance des conséquences à long terme n’est souvent perçue qu’après un arrêt de travail de longue durée, lorsqu’on leur propose de réintégrer une entreprise. On voit alors réapparaître les symptômes: crise d’angoisse, insomnie, idées noires. Le patient peut alors entrer dans une spirale qui peut conduire à l’exclusion. Il arrive aussi que lorsque les victimes n’arrivent pas à se dégager de l’emprise, la vie s’arrête à ce traumatisme: l’élan vital est émoussé, la joie de vivre disparaît, et toute initiative personnelle est impossible. Reste la plainte d’avoir été abandonnées, trompées, bafouées, complétée par une aigreur, une susceptibilité, une irritabilité, et un enfermement dans un retrait social fait de ruminations amères. Le harceleur Le harcèlement est un processus progressif. Le but est d'envahir progressivement la vie d'autrui afin de le soumettre ou de le pousser à se rebeller. Une période de latence préalable destinée à faire des tests divers, et une période d'observation, permettront de révéler les failles dans la personnalité de la proie, ainsi que les faiblesses dans sa vie. Connaître parfaitement la vie personnelle actuelle et passée, ainsi que la personnalité de la victime est primordiale afin de mettre en place une stratégie idoine de destruction. Une surveillance permanente de la cible s'impose donc. Le moindre de ses faits et gestes doivent être notés de manière la plus détaillée possible, ainsi que ses attitudes en toutes situations. A partir de ces notes, on pourra identifier les habitudes de la proie, repérer ses phobies, ses points faibles et ses points forts, la façon dont elle gère le stress dans un maximum de mise en situation, et les refuges qui lui permettent de retrouver son équilibre. L’envahissement pourra alors être total. A l’instar de cette stratégie qui va être mise en place, le pervers est froid: il ne pique pas de colère, ses manipulations sont calculées et sa méchanceté est discrète de façon à éviter d’être repérer par son entourage. Il opéra par petite touche déstabilisatrice difficilement repérable. Le pervers est aussi capable de retourner la situation et de se positionner en victime, s’il vient à être dénoncé. Cela est possible car le pervers sait s’éviter tout conflit intérieur. Il n’a pas d’état d’âme. Il fait toujours porter la responsabilité de ce qui ne va pas à sa victime. Le pervers est constamment pervers. Il ne se remet jamais en question comme tout le monde. Dés qu’il doit s’engager et reconnaître sa responsabilité, la perversion qui a pu passer inaperçu va alors s’exprimer ouvertement car il ne peut se remettre en question. La perversion s’alimente sur le fait de rabaisser les autres pour avoir une bonne estime de soi et aussi acquérir le pouvoir car les pervers sont avides d’admiration et d’approbation. Ni compassion, ni respect pour les autres. Respecter l’autre c’est le considérer en tant qu’être humain et reconnaître la souffrance qu’on lui inflige. La vertu, la beauté, la pureté, l’innocence, tout ce qui rappelle au pervers ce qu’il n’est pas, excite chez ce dernier ses pulsions de destruction. Il y a chez lui une volupté dans la bassesse, le désir d’ourdir d’habiles machinations. Il aime aussi être détesté, notamment par les victimes de ses manipulations, et marquer les autres de manière indélébile par sa cruauté. Alors seulement il se sent exister. Il existe une continuité des comportements destructeurs du pervers dans toutes les sphères de sa vie, bien qu’il parvienne à être parfaitement adapté socialement. On peut dans ce domaine l’identifier facilement car le pervers a souvent des opinions radicales sur tout. La radicalité est importante. Le pervers est psychorigide et intolérant. Il montre de cette façon son omnipotence et son omniscience. Le pervers est facilement identifiable dans un couple: refus des relations sexuelles, rejet de l’affection, vol pour déstabiliser la victime d’un objet important (agenda…), mauvaise humeur déniée, refus du conflit quand il éclate, moquerie, ridiculise la colère qu’il a amorcée chez la victime. Seule la loi peut limiter la portée de sa violence car le pervers narcissique tient à garder une apparente légitimité. Mais le pervers sait si bien falsifier sa violence qu’il arrive souvent à donner une très bonne image de lui-même. Le harceleur reproduit ce qu’il a vécu dans son enfance, la loi il n’y fut soit jamais confronté, ou alors de manière omnipotente -de la part d'un père ou d'une mère psychorigide omnipotent-. Cela ne l'empêche pas malgrè tout de penser qu'il pourrait être sanctionné pour quelque chose qui lui paraît naturel: la destruction. Tout sujet en crise peut être amené à utiliser des mécanismes pervers pour se défendre, et les traits de personnalités narcissiques sont assez communément partagés (égocentrisme, besoin d’admiration, intolérance à la critique), sans être pour autant pathologique. Ce qui distingue le pervers narcissique des autres, c’est son absence de remords ou de regrets, et la permanence de ses attitudes destructrices. Il ne se construit que lorsqu’il détruit. Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, très bien socialisé. A la différence du pervers sexuel, c’est toute la personnalité du pervers narcissique qui incline à la perversité. La perversion est chez ce dernier sexuelle et relationnelle. C’est un mode de vie. Le pervers veut empêcher l’autre de se construire ou plus simplement de vivre. Quelques traits de la personnalité du pervers: Le narcissisme Le pervers narcissique est incapable d’éprouver de véritables sentiments de tristesse et de deuil: le mode dépressif ne fait pas parti du registre de leur personnalité. Il peut se montrer en apparence déprimé, mais il s’agit en fait de colère ou de ressentiment avec des désirs de revanche. Le narcisse au sens Ovidien du terme passe son temps à chercher son reflet dans le regard des autres: on retrouve déjà le statut d’objet de l’autre qui n’est qu’un miroir. Le pervers cherche à combler son vide intérieur. Le passage à la perversion Le narcisse n’ayant pas de substance, il va se “brancher” sur l’autre comme une sangsue et essayer d’aspirer sa vie. Quand il n’y a pas de vie en soi, il faut tenter de se l’approprier chez les autres, ce qui signifie souvent la détruire. Le pervers ressent une jouissance extrême, vitale, à la souffrance de l’autre, à ses doutes, comme il prend plaisir à l’asservir et à l’humilier. Tout vient de la construction vide de la personnalité du narcissique et de ce sentiment qu’il a lui-même d’être vide. Le dérèglement sexuel ou la méchanceté ne sont que les conséquences inéluctables de cette structure vide. Ce trait de personnalité met le pervers dans une incapacité créatrice ou artistique car comment créer, imaginer, construire lorsqu’on est obnubilé par la destruction. Ils sont insensibles, sans affect, le jeu de miroir qu’ils interposent entre eux et les autres, leur évitant de souffrir. La mégalomanie Le pervers narcissique est un mégalomane qui se pose comme référent, comme étalon du bien et du mal, de la vérité. On leur attribue souvent un air moralisateur, supérieur, distant. Il présente une absence totale d’intérêt et d’empathie pour les autres, mais souhaite que les autres s’intéressent à lui. Tout lui est dû; il critique tout le monde, n’admet aucune mise en cause et aucun reproche. Pas de notion de respect de l’autre. Aspect très utilitaire de la relation à autrui, étayée par une séduction sans affectivité. Il est imperméable à l’autre et à sa différence. Le pervers peut se passionner pour une personne une activité ou une idée, mais ce sont des flambées qui restent superficielles, des feux de pailles. Les déceptions entraînent chez lui de la colère ou du ressentiment, avec un désir de revanche. Il ignore les véritables sentiments. Cela explique la rage destructrice qui s’empare de ce type de personnalité lors des séparations. La vampirisation Le partenaire n’existe pas en tant que personne mais en tant que support d’une qualité que le pervers essaie de s’approprier. Le pervers tente de s’approprier le narcissisme gratifiant de l’autre en envahissant son territoire psychique. De cette façon il peut remédier à son vide. Le pervers narcissique ressent une envie très intense à l’égard de ceux qui semblent posséder les choses qu’il n’a pas ou qui simplement tirent plaisir de leur vie. Attaquer l’estime de soi, la confiance en soi chez l’autre constitue le moyen pour le pervers de s’approprier ce narcissisme de l’autre. Il y a chez lui une exacerbation de la fonction critique qui fait qu’il passe son temps à critiquer sa victime. Lorsqu’il n’a pas de victime sous la main, le pervers critique alors tout et tout le monde, cependant, il est ne proposera jamais de solution alternative, par manque d’imagination. Il ne critique pas pour changer les choses, mais pour exprimer son mal être. C’est aussi un moyen qu’il a de se maintenir dans une position toute puissance. L’envie Le moteur du noyau pervers c’est l’envie, le but l’appropriation instrumentale, et en cas d’impossibilité, la destruction. L’envie est un sentiment de convoitise, d’irritation haineuse à la vue du bonheur, des avantages d’autrui. Il s’agit d’emblée d’une mentalité agressive qui se fonde sur la perception de ce que l’autre possède et dont le pervers est dépourvu. Cette perception est subjective et peut même être délirante. L’envie comporte deux pôles: l’égocentrisme et la malveillance. L'envie présuppose un sentiment d’infériorité vis à vis de la victime, qui possède ce qui est convoité. La victime menace en effet le sentiment de supériorité du pervers, son désir de dominer. L’envieux regrette de voir l’autre posséder des biens matériels et moraux, mais il est plus désireux de les détruire que de les acquérir. S’il les détenait, il ne saurait pas quoi en faire. Il ne dispose pas de ressource pour cela. Pour combler l’écart qui sépare l’envieux de l’objet de sa convoitise, il suffit d’humilier l’autre, de l’avilir. Ce que le pervers envie avant tout c’est la vie de l’autre, sa réussite, qui le met face à ses échecs; rien ne va jamais pour lui, tout est une épreuve compliquée. Il impose aux autres sa vision péjorative du monde et son insatisfaction chronique concernant la vie. Il casse tout enthousiasme autour de lui, et cherche avant tout à démontrer que le monde est mauvais, que les autres sont mauvais, que la victime est mauvaise. Par son pessimisme, il entraîne l’autre dans un registre dépressif pour ensuite le lui reprocher. Les désirs de l’autre, sa vitalité lui montrent ses propres manques. On retrouve là l’envie commune à bien des êtres humains, du lien privilégié que la mère entretient avec son enfant. C’est pour cela que le pervers choisit le plus souvent ses victimes parmi les personnes pleines d’énergie et ayant goût à la vie, comme s’il cherchait à s’accaparer un peu de leur force. Vis à vis de la victime, l’entourage comprend mal comment une personne peut être portée aux nues un jour, puis démolie le lendemain, sans qu’aucun grief ne se soit apparemment survenu. C’est parce que le pervers a des coups de coeur puis des rejets brutaux et irrémédiables. Il a aussi tendance à se soumettre à l’opinion favorable du groupe, de manière temporaire, tout en continuant à détruire la victime. N’étant jamais contents, le pervers narcissique se met toujours en position de victime, et la personne qui incarne la mère pour lui, parce qu’elle possède ce qu’il désire, est toujours tenue responsable. Le pervers agresse l’autre pour sortir de la condition de victime qu’il a connue dans son enfance. Dans une relation de couple, cette attitude de victime séduit les partenaires qui veulent consoler, réparer. Le pervers peut alors susciter apitoiement, intérêt et indulgence. Il peut en effet facilement adopter un coté petit garçon à protéger. Si une victime se sent l’âme d’être réparatrice, c’est alors la destruction garantie car ce type de comportement est toujours une faillite. Lors des séparations conjugales, on retrouve cette propension du pervers à se poser en victime abandonnée, ce qui lui donne le beau rôle et lui permet de séduire un autre partenaire consolateur. La violence indirecte vise généralement le conjoint et à défaut elle peut se reporter sur les enfants, car l’agresseur ne peut refréner sa morbidité. On constate très souvent chez les adultes qui enfants ont été victime de la perversion d’un parent, comme chez les victimes d’inceste, des alternances d’anorexie et de boulimie ou d’autres comportements d’addiction. La perversion dans la famille détruit les liens et casse toute individualité sans qu’on en prenne conscience. L’appropriation est la suite logique de l’envie. Les biens dont il s’agit ici sont rarement des biens matériels. Ce sont des qualités morales, difficiles à voler: joie de vivre, sensibilité, qualités de communication, créativité, dons intellectuels, musicaux ou littéraires... Lorsque la victime émet une idée, les choses se passent de telle façon que l’idée émise ne reste pas la sienne mais devient celle du pervers. Si l’envieux n’était pas aveuglé par la haine, il pourrait dans une relation d’échange, apprendre comment acquérir un peu de ces dons, mais cela suppose une modestie que le pervers n’a pas. L’irresponsabilité Le pervers se considère comme irresponsable (non coupable), parce qu’il n’a pas de véritable subjectivité. Absent à lui-même, il l’est tout autant aux autres. S’il n’est pas pris sur le fait, alors il n’était tout simplement pas là. Il n’accuse pas en retour, il constate: puisque lui-même ne peut être responsable, il faut que ce soit l’autre. Rejeter la faut sur l’autre, médire de lui en le faisant passer pour mauvais permet non seulement de se défouler mais aussi de se blanchir. Jamais responsable jamais coupable pourrait être la devise du pervers. Il se défend par des mécanismes projectifs: ne pas se remettre en cause, ne jamais douter. Pourtant les pervers souffre d’une insécurité persistante qui se traduise par une difficulté à prendre des décisions, et à assumer des responsabilités, ce qui ne les empêche pas d'occuper des postes à responsabilités, voir sensible, et souvent en rapport avec la loi, la justice, le savoir. Il ne peut aussi se passer d’autrui: comportement collant, peur de la séparation, absence d’autonomie. Il se sent mal à l’aise ou impuissant quand il est seul, et cherchent à outrance à obtenir le soutien des autres. La paranoïa Lors d’une agression perverse, l’agresseur fait en sorte d’apparaître tout-puissant, donnant à voir rigueur morale et sagesse. Les pervers narcissiques tendent à se présenter comme des moralisateurs: ils donnent des leçons de probité aux autres. En cela ils s’approchent des personnalités paranoïaques Cependant à la différence de ce type de profil, le pervers connaît bien les lois et les règles de la vie en société, et se jouent de ses règles pour mieux les contourner avec jubilation. Le propre du pervers est de défier les lois. La prise de pouvoir des paranoïaques se fait par la force tandis que celle des pervers se fait par la séduction. La phase de violence est en elle-même un processus de décompensation paranoïaque: l’autre doit être détruit parce qu’il est dangereux. En attaquant l’autre, le pervers se protège de sa culpabilité, transformée en angoisse psychotique insupportable. La victime devient un bouc émissaire. Pour finir, il faut savoir que le pervers a une haine profonde des femmes, dont il refuse l'altérité, la naturalité du désir et la jouissance, et cette haine se reporte facilement sur tout individu un peu trop passioné par la gente féminine. Le pervers appréhende en fait la sexualité (et non la génitalité puisqu'il n'y a jamais eu accès) dans le cadre de l'humiliation, de la violence, ou de l'avilissement (le plaisir pour le pervers est avilissant) et reste persuadé que toutes les femmes prennent plaisirs à ce type de perversion. En fait seules les femmes hystériques -car frigides- ayant une forte composante masculine de par leur personnalité, et qui ont en commun avec lui ce type de perversion, sont susceptibles d'apprécier le pervers, seulement ce dernier ignore ce qu'est une hystérique en conséquence de quoi, toute les femmes sont susceptible de devenir une de ses proies. La littérature nous offre nombre d'exemple de pervers en action : Caligula notamment, ou Sade, mais également de victime de pervers : Don Juan, Cazanova, La Princesse de Clèves, les liaisons dangereuses. La perversité peut également devenir systémique à partir du moment où un gouvernement est composé de pervers. Ce sont alors toutes les valeurs qui deviennent corrompues et coercitives : Madame Bovary, Le Rouge et Le Noir, L'éducation sentimentale, le Misanthrope... On connait par ailleurs la proximité depuis des millénaires, du monde du spectacle avec celui de la prostitution, c'est à dire de l'objectalisation de l'individu, et de nombreux acteurs payèrent de leur vie leur rencontre avec un pervers : Charlie Chaplin, James Dean, Marlon Brando, et également en france, Pauline Lafont, ou Patrick Dewaer... CONCLUSION PARTIELLE DE L’OUVRAGE …C’est la société tout entière qui est concernée dès qu’il est question de pouvoir. De tout temps il y a eu des êtres dépourvus de scrupules, calculateurs, manipulateurs pour qui la fin justifiait les moyens, mais la multiplication actuelle des actes de perversité, dans les familles et dans les entreprises, est un indicateur de l’individualisme qui domine dans notre société. Dans un système qui fonctionne sur la loi du plus fort, du plus malin, les pervers sont rois. Quand la réussite par l’argent est la principale valeur, l’honnêteté paraît faiblesse, et la perversité prend un air de débrouillardise. Sous prétexte de tolérance, les sociétés occidentales renoncent peu à peu à leurs propres interdits. Mais à trop accepter, comme le font les victimes des pervers narcissiques, elles laissent se développer en leur sein des fonctionnements pervers. De nombreux dirigeants ou hommes politiques, qui sont pourtant en position de modèles pour les jeunes, ne s’embarrassèrent pas de morale pour liquider un rival ou se maintenir au pouvoir. Certains abusent de leurs prérogatives, usent de pressions psychologiques, de la raison d’état ou de “secret défense”, pour protéger leur vie privée et leurs crimes. D’autres s’enrichissent grâce à une délinquance astucieuse faite d’abus de biens sociaux, d’escroqueries ou de fraude fiscale. La corruption est normalisée. Or il suffit d’un ou de plusieurs individus pervers dans un groupe, dans une entreprise ou dans un gouvernement, pour que le système tout entier devienne pervers. Si cette perversion n’est pas dénoncée, elle se répand de façon souterraine par l’intimidation, la peur, la manipulation. En effet, pour ligoter quelqu’un psychologiquement il suffit de l’entraîner dans des mensonges ou des compromissions qui le rendront complice du processus pervers. C’est la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes totalitaires. Quel que soit l’environnement dans lequel a lieu le harcèlement, les pervers s’arrange pour porter au crédit des autres le désastre qu’ils déclenchent afin de se poser en sauveurs et de prendre ainsi le pouvoir. Il leur suffit ensuite de ne pas s’embarrasser de scrupules pour s’y maintenir. L’histoire nous a montrés de la part de ces hommes, qu’ils refusent de reconnaître leurs erreurs, n’assument pas leurs responsabilités, manient la falsification et manipulent la réalité afin de gommer les traces de leurs méfaits…… FIN Un troisième volet sur le harcèlement pourrait être ajouté, à savoir : commnent harceler le harceleur, comment le faire craquer, comment le détruire, comment le broyer, comment le dénoncer, comment l'arrêter ? Les réponses à ces questions ne vont dépendre en fait que de vous. A fortiori parce que lorsqu'on est harcelé, on dispose malheureusement de peu de moyens pour riposter. Mais face à un processus de harcèlement, l'action est absolument nécessaire et sans attendre, c'est à dire dès que vous réaliser que vous êtes harcelé. Plus vite vous réagirez, et plus vous conserverez une capacité à riposter. Le pire étant de baisser les bras. C'est seulement de cette façon, en ripostant systématiquement, individuellement ou collectivement, à chaque fois que cela se produit, que la société sera nettoyée de cette vermine incompétente qui entrave tout fonctionnement collectif normal, productif et constructif. Un autre chose primordiale: ne restez pas seul. Le pervers fera tout pour vous isoler, et pour vous faire perdre confiance en autrui. A partir de là, l'élément princeps de la résistance réside dans la communication, mais pas n'importe laquelle. Il faut s'adapter aux pervers, à ses idées, se mettre à sa place pour agir et réagir comme lui. Souvent le pervers a du temps, de l'argent, et il trouve que sa victime n'est pas assez mauvaise. Etre mauvais pour le pervers c'est bien, c'est beau, c'est avoir du pouvoir. A partir de là, en faisant preuve d'empathie, on peut contre-attaquer, faire perdre de l'argent au pervers, lui faire perdre le maximum de temps, ruiner le système qui le protège et l'organisation, l'ordre, qu'il essaie d'instaurer. Premièrement, pour le déstabiliser, n'hésitez pas à confirmer sur un mode humouristique les rumeurs blessantes qu'il propage sur vous, et laisser le continuer. Le but est de faire en sorte qu'il dévoile publiquement ses manoeuvres, en le poussant à en propager de nouvelles. Deuxièmement, soyez mauvais. Pour le pervers cela signifie: humilier l'autre. Montrez donc au pervers que vous pouvez l'être, comme lui, en veillant à ne pas enfreindre la loi, ou le moins possible, et notamment en l'attaquant directement. Faites en sorte de le discréditer comme il vous discrédite. Il faut absolument limiter l'envahissement que vous êtes en train de subir. Remettez tout en cause, le pervers lui-même, ses valeurs, dénoncer ses actes, harcelez le. Le but est de l'amener à se justifier à son tour. Un second objectif est de l'ennerver. Pousser le à bout, il n'y a que comme cela qu'il dévoilera l'ampleur de sa perversité aux yeux de tous. C'est malheureusement l'unique moyen de réussir à faire en sorte qu'il ait un retour de baton de ce qu'il vous fait endurer. Ce retour de baton il se le donnera d'ailleurs lui-même, en enfreigant toute les lois, car le pervers n'a pas de limite. En effet, en devenant excédé, le pervers va se lâcher. Les gens qu'il prenait jusque là pour témoins pourront alors le remettre en cause, puisque lui même en est incapable. Cependant attention car c'est avec vous qu'il va dépasser les limites. Il va tout faire pour vous broyer, vous détruire, vous tuer. J'en ai eu l'experience en étant confronté à certains pervers appartenant à l'élite française, et ils n'ont effectivement reculé devant aucun moyen. Sachez surtout qu'il existe de nouveaux moyens à disposition du pervers, que ce soit pour vous suivre (émetteur miniature), pour vous surveiller (nano caméra en fibre optique), pour vous abuser sexuellement (drogue qui vous met dans un état somnabulique et qui vous ne laissera aucun souvenir), ou enfin pour vous exclure (internet qui va lui permettre de vous villipender auprès du plus grand nombre de pervers possible, afin de les mobiliser contre vous). Le harcèlement est un processus très éprouvant. Si jamais vous sentez que vous ne tenez plus le coup, que vous allez flanchez, alors faites un passage à l'acte. Faites comme aux etats unis, au japon ou en korée. Tuez le. Devenez kamikaze. Faites vous explosez, ou procurez vous une arme et tuez votre pervers. Vous aurez au moins le mérite d'avoir débarasser la société d'une pourriture infâme. Une seule chose à se rappeler: le pervers veut vous empêcher de vivre ! ! ! Alors, empêchez le de vivre. Il focalise sur vous ? Trouvez lui un dérivatif qui focalisera son attention; créez lui des problèmes pour l'occuper en permanence, mais surtout ne vous arrêtez pas là. Ce serait une erreur grave. Harcelez-le à votre tour pour le faire craquer. Le pervers est fragile psychologiquement et c'est pour cette raison qu'il est extrême. C'est la seule défense dont il dispose pour ne pas décompenser. Même s'il vous menace, ne cessez que temporairement, ne le lâchez pas, puisque de toute façon, lui ou elle, ne vous lâchera jamais ! ! !